Nemedia, cercle des contrées chimériques Celtiques

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 LE SACRIFICE

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zelnor
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MessageSujet: LE SACRIFICE   Sam 22 Sep - 17:23

La nuit était opaque, la cour du château déserte. Seules quelques lumières à l’étage témoignaient de la présence d’êtres vivants. Au dehors, pas un bruit, pas un souffle. La tempête avait cessé. Un chemin dallé partait de la demeure comtale et menait au temple, un bâtiment vaste construit en l’honneur de Géron. Une immense statue, représentation du dieu, trônait au fond de la pièce : un homme habillé en chef de guerre, pourvu d’une cuirasse, armé d’une lame courte et d’un fouet. Son visage expressif, œuvre de trois des meilleurs architectes du Royaume, montrait l’attachement particulier que l’on pouvait avoir pour ce dieu. Devant la statue, un garçon. Agenouillé dans une attitude de prière, il récitait une litanie. Plutôt jeune, pas très grand, les cheveux noirs, le visage saillant, la bouche fine, de grands yeux bleus, portant des vêtements plutôt communs en cette région, on aurait eu beaucoup de mal à définir sa classe sociale. Cependant, son visage pâle sur lequel les larmes continuaient à couler et ses deux poings serrés, son corps agité de soubresauts tendaient à montrer qu’un grand malheur venait de le toucher. La statue du dieu, tournée vers lui, le regardait, semblant comprendre sa peine. L’enfant se leva, sortit à reculons comme on le faisait habituellement dans les temples de Windbridge, afin de ne pas offenser les dieux, puis, dès qu’il fut à l’extérieur, se dirigea d’un pas vif vers le château. Il traversa deux, trois, quatre salles, gravit les escaliers, poussa une lourde porte. La pièce était vaste. Un grand lit à baldaquin : un lit royal. Un homme grand, brun, d’aspect musclé, ôtait sa cape, qu’il commença à plier consciencieusement, avant de s’apercevoir de la présence du garçon. Il dévisagea l’adolescent qui le visage crispé par la haine, avançait d’un pas décidé vers lui, une dague à la main.
- Qu’y a-t-il mon fils ? demanda l’homme un peu effrayé, cherchant des yeux sa propre lame.
- Vous ne le savez pas père ? Peut être ne le saurez vous jamais, étant trop occupé par vos affaires, pour vous intéresser à votre propre fils. Cela, il y a longtemps que je le sais. Depuis longtemps, je m’étais fait une raison. Je savais à ce moment que deux personnes veillaient sur moi : ma mère et lui. Cela me suffisait, mais aujourd’hui…, cette personne n’est plus là, car vous l’avez fait exécutée. En tout cas, c’est ce que tout le monde raconte. Dîtes moi que c’est faux, que cette rumeur n’est point fondée, qu’il est toujours en vie, alors peut être vous laisserai-je la vie sauve.
- Je ne peux rien pour toi, il est mort. C’est ainsi que finissent les traîtres…
- Alors, vous allez le rejoindre !
L’homme avait enfin repéré son arme, posée à son emplacement habituel. Elle était loin, beaucoup trop loin. En effet, il connaissait la rapidité et la dextérité du jeune guerrier qu’il avait placé très tôt entre les mains d’un expert en maniement de la rapière. Il s’était montré rapidement d’une grande habileté. A treize ans, on pouvait déjà dire qu’il appartenait à l’élite des bretteurs. Le garçon lâcha son poignard, prit la rapière de son père qu’il jeta aux pieds de ce dernier, dégaina la sienne et se mit en garde.
- Je ne suis pas un lâche comme vous, et je ne veux pas vous tuer sans que vous puissiez vous défendre. Alors combattez et mourrez.
Les lames balayèrent l’air et se croisèrent en une gerbe d’étincelles.
- La mort n’est qu’un commencement auprès des dieux, mon fils, pas une fin.
- Pas si vous rejoignez l’enfer, père. L’enfer est, si l’on en croit les prêtres, l’endroit où vont les assassins, les assassins de votre trempe.
- Je n’ai fait que servir le peuple et l’état. J’ai fait mon devoir. J’ai tué un traître.
- Il n’a trahi personne que je sache.
- Justement, tu ne sais rien, là est bien ton tort mon fils. Arrêtons ce combat. Je ne veux pas te tuer.
Le garçon para habilement et balaya l’air du tranchant de sa lame, entaillant l’épaule de son adversaire.
- Vous avez raison, père. La mort n’est qu’un commencement… (L’homme trébucha.) Alors bon voyage.
L’homme roula à terre, évitant la pointe de la lame qui se ficha dans le sol. Il se releva et le combat reprit. La jeunesse face à l’expérience. L’adresse et la volonté face à la force brute d’un homme dans la fleur de l’âge. La sueur ruisselait sur le visage des deux adversaires qui s’échangeaient des coups d’une violence extrême. Attaque, parade. Ces gestes simples se répétaient inlassablement, mettant à rude épreuve la résistance physique des deux combattants. Les regards pleins de haine que lui jetait son fils terrorisaient l’homme qui redoubla d’effort. Mais rien ne semblait abattre l’adolescent. Alors le père recula, mais il s’était résigné : il allait devoir abattre la chair de sa chair, son fils ! Il ne comprenait pas pourquoi. Comment une telle rancœur avait-elle pu germer dans le cœur de son héritier ? Les deux adversaires à présent s’observaient, comme pour faire une pause. A ce moment précis, l’homme la vit. Elle se tenait là, les observant. Plus belle que jamais ! Ses longs cheveux blonds bouclés, son visage si parfait, son sourire si tendre habituellement qui avait laissé la place à une mine affligée. Le garçon n’avait rien vu, trop tendu dans l’idée d’asséner le coup fatal. Concentré, il percuta son père de plein fouet qui recula et tomba à terre. A moitié assommé, il se releva. Alors le garçon bondit, et l’épée, formant un parfait angle droit avec son corps, balaya l’air et trancha net la lame de son père qui recula dans un coin, plus mort que vif. Il s’avança, sourd aux paroles apaisantes de sa mère :
- Mon fils, mon amour, arrête, baisse ton bras. Ne fais pas cela, tu le regretterais jusqu’à la fin de tes jours. Tu serais comme ton père, un assassin. Je t’en conjure.
Le regard vague, sourd à toute recommandation, Altan enfonça son épée qui pénétra dans la chair jusqu’à la garde. Alors, il lâcha son arme. Le sang se répandit sur le sol dallé. C’est alors qu’il s’aperçut de ce qu’il venait de faire. Ce n’était pas du corps de son père que s’échappaient ces flots de sang, mais de celui de sa mère qui s’était interposée au dernier moment. Horrifié par son geste, il prit le cadavre de sa mère et le serra contre lui. Soudain, il sentit son crâne exploser sous le poing de son père. Une main le saisit :
- Regarde ce que tu viens de faire, regarde bien. Ta mère, tu as tué ta pauvre mère. Sale vermine. Monstre, de mes mains, je vais rendre la justice.
Il saisit son fils par le cou et prit son coutelas. Et de la même façon qu’on sacrifie un goret, il rentra la lame dans le corps de son fils. Ce dernier se tordit et s’affala sur le sol que baigna son sang. L’homme se prit la tête dans les mains et pleura avant d’aller chercher deux gardes.
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genome-x
Trwhyth Le Sacré,sanglier blanc de l'Eld Monde
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MessageSujet: Re: LE SACRIFICE   Dim 23 Sep - 10:35

cheers j'aime beaucoup !
style rapide, nerveux, ce qu'il faut de description pour cultiver le mystère et la libre interprètation (on peut s'identifier), un vocabulaire simple et fluide, un p'tit coté "j'provoque la morale". le tout me rappel du zelazny moderne en grande forme! cette journée commence bien, enfin un auteur qui m'emmerde pas et où je me retrouve !
la suite petit et vite !;)
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éowyn
Divine déesse du Tuath
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MessageSujet: Re: LE SACRIFICE   Dim 23 Sep - 14:51

Ah ouais,c'est vâchement bien!Je suis du même avis que genome.Toutes mes félicitations zelnor!Very Happy

_________________
Ken a goue'as kousket skuizh-tre,
Hag a zeuas de'i un huñvre :
Gwelet he gwaz en he c'hichen
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zelnor
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MessageSujet: Re: LE SACRIFICE   Lun 24 Sep - 1:15

merci bien pour vos commentaires! Et merci pour la comparaison!
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zelnor
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MessageSujet: Re: LE SACRIFICE   Mar 27 Jan - 23:35

Bonjour, cela fait un moment que je ne suis pas revenu sur ce forum et pour cause, j'étais très occupé.
1°un boulot de prof d'histoire géo à plein temps,
2°un capes interne à préparer,
3°un bouquin à fignoler.
Enfin mon ouvrage vient de paraitre aux editions le manuscrit. Vous pouvez le commander sur le site du manuscrit :


http://www.manuscrit.com.


Le titre est:
Alondith, les Chroniques Guerrières.

Vous pouvez également visiter mon blog :
www.alondithlasaga.skyblog.com


et rejoindre le groupe Alondith sur facebook.

A bientot, j'espère.
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Amra
Barde de la fantaisie barbare
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MessageSujet: Re: LE SACRIFICE   Jeu 29 Jan - 21:05

Bravo, ptit gars !!!
Cha fait du bien de voir un mec qui se fait connaître par l'écriture, bravo !!!
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MessageSujet: Re: LE SACRIFICE   

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