Nemedia, cercle des contrées chimériques Celtiques

Légendes celtiques et héroic fantasy, pas de place aux faibles, ici on vénère Ogma, Dagda et Morrigan. Venez rejoindre des barbares Celtes en Nemedia
 
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 La légende ignorée de Nemedia

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Helgui le gris
Ard ri
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MessageSujet: La légende ignorée de Nemedia   Ven 15 Juin - 11:20

Je vous propose avec cette page, de retrouver "la légende ignorée de Nemedia" qui est hebdomadairemnt mise en ligne, chapitre après chapitre sur le blog de Nemedia.

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1. La légende qui naquit de la légende


A toi lecteur qui découvre Nemedia

Il y a de cela fort longtemps, tes ancêtres vivaient sur une terre pas si différente de ce qu’est à ce jour Nemedia. Aujourd’hui, pour la plupart, les hommes ont oublié ce qu’était cette époque héroïque où l’on vivait à la force de l’épée pour l’honneur de son clan. C’était un âge ou l’on mourait heureux de rejoindre ses ancêtres, en sachant que ce ne serait que le début d’une grande aventure où banquets et festins seraient sans fin, au son des harpes, avec pour compagnes éternelles des créatures de rêve… C’était l’âge d’or des Celtes, celui où les hommes marchaient encore au côté des dieux. Bran était un de ces hommes valeureux et fiers que rien n’effraie, ses frères le nommaient Bran-le-Corbeau, fils de Fébal Mac Febail.

Les voyages sur les mers fascinaient les conteurs Celtes, qui relataient d'étranges aventures dans des îles lointaines, celles notamment de l'autre monde où vivaient les dieux et les déesses et où les âmes venaient se reposer quelque temps avant de renaître à la vie. Bran fut certainement l’un des plus célèbres navigateurs de son époque. Il voyagea plus loin que quiconque et vécut des aventures si extraordinaires qu’il te semblerait impossible d’y croire. Mais juges-en par toi-même.

Un jour, une femme magnifique apparut à Bran alors qu’il observait la magnificence de l’océan. Elle lui parla de merveilles à découvrir en des contrées situées par-delà les mers, les îles de l'autre monde. Chacune d'elles était plus grande que l'Irlande et peuplée de belles femmes qui ignoraient tout de la tristesse, de la maladie et de la mort. Le bonheur, lui chanta-t-elle encore, était le lot de tous les êtres vivant dans ces contrées fabuleuses. C’était plus qu’il n’en fallait pour que Bran ne décide de partir à l’aventure. Le jour suivant, il prit la mer vers l'ouest avec trente-sept de ses hommes. Ils rencontrèrent d'abord le dieu marin Manannan Mac Lir qui conduisait son char à travers les flots. Les héros irlandais entendirent le dieu de la mer leur faire à nouveau le récit des merveilles qui les attendaient. Les flots ressemblaient déjà à une plaine couverte de fleurs, parsemée d'arbustes fleuris et d'arbres couverts de fruits. Ce même jour, le bateau de Bran parvint à l'île de Gaieté ou les hommes de l'équipage eurent du mal à rester debout tant ils riaient. Le soir, ils atteignirent l'île des Femmes, Emain Ablach. La reine de l'île cria à Bran de débarquer mais il avait peur d'approcher les côtes. Il lança alors une pelote de fil qui resta fixée à sa main et qui hissa, par magie, le bateau hors des vagues. Lorsqu'ils descendirent à terre, les héros trouvèrent des lits moelleux et des plats délicieux préparés à leur attention. Leur séjour dans cette île dura un an, c'est du moins ce qu'ils pensèrent car en réalité bien des années s'écoulèrent. Quand l'un des hommes, éprouvant le mal du pays, persuada Bran de rentrer chez eux, la reine les avertit de ne pas mettre pied à terre lorsqu'ils arriveraient en Irlande. A l'approche des côtes, Bran vit que personne ne le reconnaissait et que l'on se souvenait vaguement de lui comme d'un personnage légendaire qui avait entrepris jadis un voyage pour l'autre monde. Il allait repartir quand l'un de ses hommes, oubliant l'avertissement de la reine, sauta sur la rive. Il tomba en cendres, comme s'il était mort depuis plusieurs siècles. Bran raconte ses mésaventures et repart « on ne sait où sur l'océan infini et mystérieux ». C’est à partir de cet instant que Bran s’enfonça dans un sommeil mélancolique et qu’il se mit à rêver. C’est lors de ce rêve que Bran rencontra la Chimère...

De ce rêve naquit le monde dans lequel nous vivons. De la Chimère émergea la terre médiane, celle qui deviendrait Nemedia…


2. De la naissance de Dagda

Ô Enfant, sache qu’en ces périodes reculées le temps n'existait pas. Seules la magnificence des paysages et la richesse de la nature agrémentaient cette terre vierge de leur somptueuse parure. Les vents caressaient de leur souffle doux les courbes d’un relief qu’aucune beauté ne pouvait égaler. Bran, évoqua alors le premier être qu’il nomma Tuatha. Ce nom signifiait « Amour du Foyer ». Tuatha symboliserait l’attachement de Bran pour cette terre qu’il avait quittée. Il serait le lien entre sa vie passée et la Chimère.

Nemedia était un endroit où il faisait bon vivre. Tuatha dont l'essence spirituelle lui permettait de se déplacer avec le vent et ainsi de parcourir de vastes et innombrables étendues sans jamais être embarrassé par quelque obstacle qui se présente, se lança à la découverte de ces contrées de rêve. La terre médiane se révéla être un puits de bienfaits et de douceurs pour cette entité dont la curiosité insatiable se portait sur toute chose aussi anodine soit-elle. L'appétit de connaissance de Tuatha était si important que sa nature éthérée ne pouvait répondre à toutes ses attentes ni même satisfaire à son exigence de savoir. Alors, Tuatha renonça à l'immatérialité et s'éveilla sous la forme la plus adaptée à ce monde nouveau. Ses grands yeux de l'ambre le plus éclatant s'ouvrirent sur un tableau enchanteur qui le transcenda et le fascina.

Pensée était devenue matière, esprit et corps ne formaient plus qu’un, conscience était née. Tuatha issu de l’esprit du Créateur était ampli de la lucidité de son père. En cela il sut qu’il avait le pouvoir de retoucher cette sphère de la Chimère afin d’y apporter son humble savoir. Ainsi, avec sagesse, Tuatha créa Dana. Elle serait sa compagne et incarnerait la tempérance. Dana serait la force inspiratrice qui étayerait l’œuvre qu’il comptait réaliser en Nemedia. Dana serait passion et volonté, en elle brûlerait dorénavant la foi à laquelle il ferait appel pour ne jamais sombrer dans la vanité.

Pour remercier Tuatha de l’avoir engendrée à son image et pour lui avoir insufflé discernement et sérénité, Dana lui fit le don le plus précieux qui soit. Ainsi le verbe naquit et Tuatha, par la magie des mots, de la bouche de Dana, devint Dagda, ce qui signifie « le Bon ».

Le plus magnifique joyau de la Chimère rayonnait en Nemedia. Le couple avait une allure sublime, à l’image de la création. Les deux qui n’étaient qu’Un avaient revêtu l’apparence de Bran en son honneur. Leur peau au grain si délicat et leurs cheveux semblables à une douce brume céleste avaient la pigmentation de la neige, car le blanc est le savant mélange de toutes les autres couleurs et il est symbole de pureté.


3. De la naissance des Tuatha De Danann (part one)

Les deux entités aussi pures que le cristal affermirent encore la puissance de ce lien qui les unissait à la terre médiane. L’intensité de l’émotion que ne faisait qu’accroître cette terre enchanteresse éveilla en eux le désir. Alors, Enfant, naquit ce que tu connais sous le nom d’Amour.

Dana inspira son père et époux, Dagda, et il lui offrit sa couche. De cette étreinte vint au monde Brigitt qui apparut sous les traits d’une jeune femme gracieuse, élancée et très grande. O, mon jeune ami, quelle beauté réside en cette créature, toute à l’image de sa mère. Brigitt possédait la grâce et la bonté, elle pourrait dispenser guérison et réconfort.

Puis vint Nuada dont les attributs étaient calme et modération, en cela il avait le profil d’un grand chef que tous respecteraient. Ogma quant à lui avait le don de l’éloquence, Diancecht celui de la jeunesse éternelle ; Goibniu, Creidne et Luchte naquirent ensemble et avaient le même don pour la création et le façonnage.

Emergeant des flots, tel une lame de fond, surgit Manannan Mac Lir. Bien plus fugace que ses frères et sœurs, le fils de Dana et Dagda avait décidé que sa résidence serait l’abîme insondable des plaines émeraude et azur de Nemedia. Enveloppé d’une parure d’écume, l’onde devint son royaume.

Vint alors la plus belle et la plus farouche des enfants. La nature sauvage de son caractère et son opiniâtreté primitive ferait d’elle l’égérie de l’esprit combatif et du non renoncement. Oui mon enfant, cette créature magnifique dont la chevelure du rouge le plus vif qui soit la distinguait des siens serait dorénavant vénérée comme Morrigan la Rouge.

Tous les enfants du Dagda et de Dana n’étaient cependant pas encore présents… Quel ne fut par l’éblouissement des premiers nés, lorsque qu’étincelant comme un rayon de soleil, Lug se présenta accompagné de sa sœur Epona. Les deux enfants rayonnaient à la façon de joyaux inimitables. Resplendissant de mille feux, ils conquirent le coeur de leurs aînés. Ainsi, mon jeune ami, les Tuatha De Danann avaient définitivement pris pied dans la réalité de la Chimère et Nemedia était parée du peuple le plus magnifique qu’il ait été donné de rêver à un être vivant.

Mais, Enfant, c’est alors que l’événement le plus imprévisible que tu puisses imaginer se produisit ! Tous les Tuatha De Danann originels semblaient être nés quand, drapé d’un voile de ténèbre, « Celui qui n’était pas attendu » fit son apparition au sein de la divine assemblée…

Difforme et monstrueux, le puîné se présenta à la mère de tous les dieux sous le nom de Balor. Si chaque enfant de la création avait bénéficié de tous les atours de la grâce et de la beauté, Balor était disgracieux et acariâtre.


4. De la naissance des Tuatha De Danann (part two)

De tous ses frères et sœurs, il se différenciait par une malformation déconcertante. Bien que sa chevelure soit de la noirceur de la nuit la plus profonde, détail singulier s’il en est, Balor n’avait qu’un œil. Cette étrangeté qui distinguait le puîné de l’ensemble des Tuatha De ne fut pas pour autant une raison pour qu’il soit ignoré des siens. Balor fut aimé et chéri par tous les Premiers nés car l’amour était la nature existentielle de cette entité multiple. Ainsi Balor à l’œil unique trouva t’il sa place parmi ceux qu’un jour les hommes nommeraient dieux.

Des douze Tuatha dont l’origine n’était qu’Un, naquirent bientôt nombre d’autres enfants. Tout comme les Primordiaux ils revêtaient la blancheur de l’aurore et arboraient les yeux du couchant. Avec le nombre, le peuple Tuatha De Danann s’égailla peu à peu et finit par se disperser sur les vastes étendues de la terre médiane.

Avides de connaissance, Les enfants du Dagda découvrirent la science de l’architecture. Epris d’une inventivité ingénieuse, les Tuatha De Danann érigèrent édifices et cités rehaussant la perfection de Nemedia. Mais, jamais aucun ne tenta de surpasser ce que le Créateur avait rêvé. Ainsi s’élevèrent les inégalables tours aériennes ceintes de murs d’airain aux innombrables frontons d’argent de Brug Na Boyne. En remerciement au Créateur et pour honorer Dagda, elle fut symboliquement édifiée là même où apparut le Tuatha.

Falias et Gorias, Murias et Findias furent ensuite édifiées. Soucieux de ne pas surcharger la création d’atours par trop merveilleux, les Tuatha De se lancèrent alors dans toutes les éruditions que leur inspirait la multitude des arcanes de ce monde éblouissant. Amoureux de la nature, curieux de chaque détail, épris de savoir et de découverte, les Premiers nés maîtrisèrent bientôt tous les domaines qu’ils avaient patiemment étudiés.

Dana éprouvait la fierté qu’une mère se doit d’avoir à l’égard de ses enfants. Dagda partageait ce sentiment. O mon fils, si tu avais pu voir à quel point les magnifiques enfants du couple divin étaient devenus savants. Chacun d’entre eux excellait dans un domaine qui lui était propre. Certains même étaient si passionnés qu’ils ne se limitèrent pas dans leurs apprentissages et acquirent le savoir de plusieurs sciences. Ce fut le cas de Lug qui devint l’égal de Dagda. Son nom devint alors « Samildarach », ce qui voulait dire le polytechnicien.

Epona décida d’égayer les vastes plaines de la terre médiane. D’une mèche de ses cheveux de la blancheur de l’aurore, elle façonna la créature de ses rêves puis l’anima d’une étincelle de vie. Ainsi mon Enfant, la Tuatha De créa la race sacrée des chevaux que ses frères et sœurs pouvaient approcher et monter pour se déplacer à la vitesse du vent.

Balor, non moins savant que ses pairs éprouvait toutefois de la jalousie à l’égard de ses frères et soeurs car ses réalisations ne suscitaient jamais tant l’intérêt de Dagda que les leurs. Il commença à s’isoler et ne se joignit plus aux autres se désintéressant progressivement de la vie communautaire.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Ven 15 Juin - 11:24

5. De la faute à Morrigan

Ainsi, mon jeune ami, Balor choisit de s’isoler, car la compagnie des siens l’irritait. Il ne voulait plus avoir à sentir leurs regards emplis de compassion : cet amour sans borne le rebutait plus que tout. Le disgracieux Tuatha aimait contempler l’océan et restait souvent sur la grève balayée par le vent à rêvasser à ce qu’il pouvait y avoir au-delà de cette immensité aquatique. Il aurait aimé ressembler à Manannan et sillonner les mers pour découvrir de lointaines régions ignorées. En cela il enviait ce frère dont le royaume s’étendait à perte de vue et bien au-delà de ce qu’il est possible d’imaginer.

Morrigan à la rouge chevelure se sentait attirée par Balor. De tous les Tuatha De Danann, elle était la seule à arborer une différence qui, si elle n’était pas comparable à sa difformité, la rapprochait suffisamment de son frère pour être plus intime avec lui. Elle aimait à le rejoindre sur les rives de ce que les enfants du Créateur appelaient « le Bord du Monde ».

La complicité qui les unissait se transforma en passion. La passion se mua en amour. Cernunnos aux bois de cerf naquit de cette union. Tout comme son père, étrangement, Cernunnos était atteint d’une malformation inexplicable. Le crâne de l’enfant était orné de cornes aux ramures d’os qui le rendaient effrayant. Mi Tuatha De Danann, mi bête, le fils de Balor laissait entrevoir à sa mère un avenir où les peuples se déchireraient. Morrigan perçut ce signe comme un présage de mauvais augure. Bien que la fibre maternelle la Tuatha De à la rouge chevelure fut forte, elle ne supportait pas de voir son fils muni des attributs de l’Animalité.

Alors Enfant, la fille bien aimée du Dagda partit dans le plus grand secret au fin fond de la sylve primordiale, là même où les rayons du soleil ne venaient jamais caresser le sol. L’âme en peine, elle abandonna le fruit de ses amours avec Balor. Soucieuse de ne pas blesser le Tuatha De Danann, pour qui cet enfant était la plus grande joie de sa vie, elle lui dit que l’océan l’avait emporté.

Fou de douleur, Balor vola la plus magnifique embarcation que son frère Luchte venait d’exécuter pour le compte de Dagda. La rage au cœur, le Tuatha De s’embarqua sur les plaines de Manannan Mac Lir qu’il maudit mille fois, rendant responsable ce dernier de la disparition de son fils. Les flots qu’il aimait tant le portèrent si loin que tous les Premiers né, pour qui la raison de ses agissements restait incompréhensible, le crurent perdu à jamais.

O mon fils, le déchirement le plus cruel qui fût habitait Morrigan. La peine était née en Nemedia. Et son chant lancinant couvrit bientôt toute la terre médiane d’une brume si épaisse qu’il n’était plus possible d’y voir. Consciente que son mensonge lui avait fait perdre l’être qu’elle aimait le plus au monde, la Tuatha De sombra dans une mélancolie telle qu’elle n’avait plus goût à aucun des plaisirs qui autrefois l’enchantaient.

Diancecht fort érudit dans les arcanes de la médecine était fort attaché à sa sœur. Mettant toutes ses connaissances à contribution, il créa un philtre d’oubli pour que Morrigan ne pense plus à Balor. Le philtre n’eut pas les effets escomptés et Morrigan, dont les affres de la douleur avaient trop profondément affaibli la volonté, sombra dans le cauchemar, oubliant peu à peu toutes les joies que Nemedia procurat aux autres membres de la divine assemblée.


6. De la naissance des Korrigans (part one)

Je te raconte tous ces événements, mais tu dois te demander ce que Notre Père à Tous ressentait à la vue de ce qui se déroulait en Nemedia. J’y viens, ne t’inquiètes pas, nous avons tout le temps. Bran, qui lors de ses rêves revenait encore fréquemment en Nemedia fut attristé par le drame qu’éprouvaient ses enfants bien aimés.

Affligé de ne n’avoir pu éviter le dénouement que tu connais, le Créateur décida qu’il n’était pas trop tard pour corriger sa négligence et adoucir la vie des enfants de Dagda. Aucune ombre n’aurait jamais dû ternir cette vie qu’il voulait parfaite en Nemedia. La seule arme digne d’endiguer la mélancolie serait le rire. Bran donna alors vie aux Korrigans pour égayer les Tuatha De Danann, car la peine du peuple originel ne devrait plus être.

Ainsi, pas plus haut que de jeunes enfants, le crâne oblong couronné de crinières rousses dont pointaient leurs étranges oreilles en pointe, de larges sourires dévoilant de grandes bouches entourées de duvet gris, le visage constellé de tâches de rousseur et surtout de gigantesque yeux noirs reflétant la malice et la gaieté, les Korrigans primordiaux vinrent peupler la terre médiane.

Les Premiers nés trouvèrent joie et réconfort en la compagnie enjouée et légère de ce peuple singulier qu’aucune situation, aussi fâcheuse soit-elle, ne semblait jamais devoir assombrir. La présence nouvelle des Korrigans en Nemedia vit fleurir une amitié sincère avec le peuple Tuatha De Danann. Les évènements tendraient à prouver qu’elle serait durable et avec l’arrivée du Temps, se consoliderait au fil des siècles. Oui mon jeune ami, avec l’arrivée du Temps… Car tous ces récits que je te conte eurent bien lieu, mais la Chimère est intemporelle et sa réalité est différente de celle que tu connais.

Ainsi Tuatha De et Korrigans vécurent ensemble et partagèrent sciences et savoir dans la joie et la bonne humeur. Les deux peuples oeuvrèrent de concert pour que le Créateur ne soit jamais déçu. Sous la férule d’Ogma qui avait pensé qu’il serait agréable de tracer chaque événement marquant l’existence pour les générations à venir, ils élaborèrent les bases de l'écriture sacrée qu'ils baptisèrent Ogharune.


7. De la naissance des Korrigans (part two)

Diancecht quant à lui, mon fils, partit un temps dans le domaine des Korrigans. Entouré des petits êtres malicieux, il se plongea dans de nouveaux préceptes. Car bien que les petits êtres étaient prédestinés à la plaisanterie et aux pitreries sous toutes leurs formes, leurs connaissances étaient grandes en de nombreux domaines. Le savoir de Diancecht de la médecine déjà fort considérable, s'accrut par l'enseignement des secrets qu'ils lui dispensèrent, lui révélant les effets des plantes sur le corps.

Mais l’apport des Korrigans fut bien plus considérable… Alors Brigitt, Nuada et Lug vinrent à s'intéresser à l'art mystérieux de la poésie que les Korrigans savaient fort bien manier. Le Petit peuple l’utilisait avec adresse pour donner une dimension irrésistible à la comédie. Les Tuatha De Danann éprouvèrent pour cet art subtil et raffiné un engouement partagé. Ainsi, l'art de la poésie s'institua en une érudition indispensable que chacun utilisa par la suite comme moyen de communication.

Du miracle des mots et de la puissance libérée par la signification profonde des forces qui s'y rattachent apparut une science nouvelle dont le nom est Magie. Korrigans et Tuatha De Danann comprirent que le verbe pouvait transformer la matière et produire des métamorphoses prodigieuses.

Ce fut l'âge d'or de Nemedia où fraternité et partage étaient les bases de tout échange et les Korrigans offrirent à Dagda la harpe aux trois accords. L’instrument avait la faculté de faire rire ceux qui entendaient les accords de la joie. Elle pouvait plonger l’assistance dans la tristesse et les pleurs en jouant les accords de la mélancolie et pouvait conduire tout auditoire dans le sommeil le plus profond grâce au chant de l’endormissement.

Dagda fut fort satisfait de ce présent et immuablement jouait avec plaisir les accords de la liesse pour que tous soient heureux. Mais, mon jeune ami, malgré tous les efforts déployés, Morrigan ne trouvait toujours pas le repos, ni même aucun réconfort à même de lui faire oublier sa faute.

Les Korrigans maîtres dans l'art de la farce déployèrent des trésors de malice pour tenter de faire sourire la Tuatha De qui semblait plongée dans les brumes éternelles de l'accablement. Aucun ne parvint à la sortir de l'alanguissement causé par le départ de Balor. Morrigan partit alors et quitta le reste du Tuathan pour vivre isolée dans l'immensité de la forêt primordiale, là même où elle avait abandonné son fils Cernunnos.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Ven 15 Juin - 11:27

8. De la naissance des Gruagachs

Satisfait des relations existantes entre les deux peuples, Bran lors de ses rêves passait de longs moments sur la terre médiane. A chacune de ses venues, les Premiers nés et la seconde race aînée déployaient des trésors d’ingéniosité pour encenser comme il se doit celui sans qui ce royaume n’existerait pas. Festins et banquets aux accents bucoliques animaient les enchanteresses cités Tuatha De, emplissant le monde des douces notes de la harpe magique que rehaussaient les choeurs célestes des enfants magnifiques de la création. Le Créateur était accueilli avec les attentions et le faste qui s'imposaient, Nemedia baignait dans l’euphorie.

O mon enfant, tu aurais vu comme l'équilibre qui régnait pouvait métamorphoser la plus infime des créatures au rang de merveille unique. Bran était si satisfait de voir à quel point ses enfants étaient en harmonie avec Nemedia que dans un élan de liesse, et car il désirait offrir à tous ses enfants la possibilité de contempler la magnificence des contrées chimériques, Notre Père à Tous créa les Gruagachs.

Il imagina un peuple robuste et courageux qui sculpterait les montagnes en de sublimes palais d’où il serait possible à tous de poser le regard sur l’ensemble de la création. Alors, enfant, arrivèrent les Gruagachs auquel le Créateur confia la roche. Aussi massifs que le roc qu’ils travailleraient et suffisamment petits pour se glisser dans chaque faille afin d’aller y graver de leur subtil art les symboles de leur puissance, les membres de la troisième race surgirent du sol. Gris comme la roche, leur peau aussi dure que le granit, leurs yeux étaient d’émeraudes et leurs fronts rehaussés de gemmes. Car dans sa grande bonté, le Créateur ne voulait pas que ses derniers enfants puissent avoir honte de leur physique, il leur fit le don de la fierté mais aussi la connaissance des secrets de la terre.

Infatigables et soucieux de répondre aux attentes de leur père, amoureux de leur œuvre sans fin, les Gruagachs ciselèrent chaque pouce de ce divin présent qu’était pour eux la pierre. Ainsi mon fils, les petits êtres, sous les regards pleins d’admiration de leurs aînés, accomplirent-ils le travail titanesque qui ennoblit la terre médiane d’une nouvelle parure pour laquelle ils gagnèrent l’amour de tous.


9. De la création de Graal

L’arrivée des Gruagachs, grâce auxquels il était dorénavant possible de fondre et de former les métaux, améliora considérablement le bien être des enfants du Créateur. Goibniu et Creidne démontrèrent une joie et un plaisir évident à accompagner derniers nés dans leur œuvre tellurique. O, mon enfant, tu aurais vu quel épanouissement illuminait les deux frères ! Ils, portaient un intérêt nouveau sur toutes les merveilles dont regorgeaient les entrailles du monde. L’art et la science des fils de la terre accrurent leur créativité innée et permit de sublimer leur inspiration par de multiples procédés.

Les deux Tuatha De Danann devinrent alors maîtres incontestés de la science des minéraux et de la métallurgie. L’art de la forge était leur discipline de prédilection. Expérimentant la mutation des minéraux, les deux frères conçurent ce que tu connais sous le nom d’argent et d’or. Avec un savoir-faire croissant, ils se lancèrent dans l'exécution d'artefacts et de bijoux à la perfection sans égale.

Les deux frères rivalisaient d'ingéniosité et d'adresse pour concevoir des objets plus magnifiques les un que les autres. C’est ainsi, mon fils, que dans un souffle d’imagination jusqu’alors sans égal, allait apparaître la merveille absolue. Amour, joie, poésie, savoir et nombre des sciences connues des trois races originelles furent combinées dans la réalisation suprême pour laquelle sueur et sang coulèrent dans le secret le plus absolu…

Ainsi offrirent-ils à Dagda et Dana le fruit de l'accomplissement d'un labeur sans limite. Ce présent symbolisait la connaissance et concéderait richesse du corps et de l'esprit à tous ceux qui viendraient s'y nourrir. Oui mon fils, Goibniu et Creidne avaient conçu Graal, le chaudron d'abondance qui jamais ne se tarirait. L’objet fabuleux prodiguerait à jamais plénitude et réconfort de l’âme.


10. De la naissance de Nemed et des premiers humains. (Part 1)

Afin de célébrer la magnificence d'une telle offrande, Dagda et Dana donnèrent le plus fabuleux banquet qui soit. Chaque enfant de la création fut convié à Brug Na Boyne afin de partager le bonheur du couple divin et rendre grâce au talent des deux frères.

Balor et Morrigan n’avaient pas été oubliés, mon enfant. Car ils étaient dans le cœur de chacun. De nombreux messagers furent dépêchés au quatre coins de Nemedia pour les prévenir que les festivités seraient illuminées de leur présence, que tous espéraient les voir. Las, ils furent les seuls enfants de la divine assemblée qui ne se présentèrent pas. Dagda fort humilié de l'absence de ses deux enfants en prit ombrage et il fit part à Dana de son intention de les répudier pour ne pas s'être montrés dignes du reste de leurs hôtes.

Les festivités eurent lieu et chaque convive aussi anonyme soit-il, fut accueilli et reçu avec les égards que sont en droit d'attendre les plus illustres personnages. Les mets les plus fins et les vins les plus délicats provenant du fabuleux chaudron assouvirent les appétits les plus démesurés sans que jamais personne n'ait à se plaindre. Jusqu'à ce que tous soient rassasiés, les Premiers nés distribuèrent à boire et à manger ; le chaudron fabuleux était bien le symbole de la prodigalité.

Cependant O mon fils, Dana, que la résolution de Dagda avait ébranlée au plus haut point, ne put se retenir de pleurer malgré l'allégresse emplissant Brug Na Boyne. Portant en elle tout le chagrin de Dana, une larme roula sur la joue d'albâtre de la Tuatha De et finit sa course dans Graal. Alors, le plus insolite et prodigieux événement se produisit. Au milieu même des nombreux convives qui venaient se sustenter, surgit du chaudron d’abondance le Premier Humain. Image vivante de Bran Notre Créateur à Tous. A l’évidence à l’image d’un futur qui se voudrait sombre, le premier homme était né de la tristesse de Dana et de la Magie de Graal.

Tout comme ces mots que je te dis, la nature singulière de cette naissance extraordinaire stupéfia la fabuleuse assemblée. Dagda demanda à la créature qui elle était et ce qu’elle faisait en cet endroit. Alors, mon enfant, sortant de Graal, elle s’agenouilla avec déférence devant les yeux ébahis de l’assemblée divine et répondit en toute simplicité :

« Je suis Nemed le Premier. Je suis Espoir et Tristesse. Je serai à tout jamais le serviteur des Tuatha De Danann et le protecteur de cette terre contre la fatalité des événements que mon arrivée engendrera. »


11. De la naissance de Nemed et des premiers humains (part 2)

Les paroles de Nemed résonnèrent à Brug Na Boyne à la façon d’un glas sinistre dont tous devinèrent la signification. Il advint même que la magie du vent charria ces mots jusqu’aux oreilles de Morrigan, de Cernunnos et de Balor…Chacun s’en retourna le cœur lourd et l’âme en peine. Mais, Dagda qui était le dieu bon accueillit cependant Nemed en sa demeure et le convia à rester tant qu’il le désirerait. Car l’hospitalité ne doit pas souffrir les maux de l’appréhension, mon enfant, mais toujours honorer celui que tu reçois, c’est ainsi que l’humilité te placera sur le trône des plus grands. Néanmoins, la fatalité venait de prendre pied sur la terre médiane…

Nemed fut traité comme s’il avait lui même été un Tuatha De Danann. Il n’était pas si différent des Premiers enfants du Créateur. Graal lui avait concédé intuition et connaissance, Dana, tempérance et sensibilité. Le Premier humain montra à tous à quel point il était érudit et à même de rivaliser avec les Premiers nés dans toutes les disciplines.

Son adresse et son intelligence ne cessaient d’impressionner Dagda qui lui vouait un amour sans pareil. Au grand bonheur de tous, il considéra Nemed à l’égal de ses enfants et eux-mêmes comme un de leur sang. Et bientôt, mon jeune ami, Nemed épousa Brigitt qui était tombée sous le charme de son excellence. De cette union naquirent les Fils de Nemed qui formèrent très rapidement un peuple à part entière tant leur faculté à se reproduire était importante. Nemed régnait sur les siens comme le Dagda le faisait sur les races aînées, avec sagesse et équité.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Ven 15 Juin - 11:30

12. De la trahison de Balor (Part one)

Balor qui s’était retiré loin au nord savait, grâce aux paroles du vent que désormais, avec l’arrivée et la multiplication des humains, la vie changerait pour tous sur la terre médiane. L’enfant difforme de Dagda que la solitude et la disparition de Cernunnos avaient aigri, en vint à cultiver un sentiment que lui seul connaissait : la rancœur.

Oui mon enfant, égaré, il commença même à s’adresser à son ombre qui ne le quittait jamais. Mais, plus inquiétant que tout, un jour, l’ombre répondit. Insidieusement, confortant Balor dans son ressentiment à l’encontre des siens, l’ombre fit peu à peu germer en lui la rage. L'amertume se transforma en animosité. L’ombre était la concrétisation des cauchemars du Créateur, elle devint le mentor de Balor.

Graduellement, avec patience, la sombre et impalpable entité souffla de noirs desseins à Balor. Alors, mon jeune ami, persuadé que Nemed n’était qu’une illusion visant à l’humilier, Balor revint parmi les siens et commença à répandre la rumeur que les humains étaient une création de Dagda désireux de prouver qu’il était l’égal du Créateur. Ces paroles empoisonnées de Balor impressionnèrent au plus haut point les plus jeunes Tuatha De Danann nés des Premiers enfants de Dagda. Peu à peu certains d’eux furent séduits par ce discours et se rangèrent à son côté. Ils quittèrent bientôt leurs magnifiques cités pour rejoindre Balor dans les terres hyperboréales dont il avait choisi de faire son royaume.

Soucieux de plaire au souverain qu’ils s’étaient choisis, les jeunes Tuatha De dérobèrent Graal pour lui offrir en gage de fidélité. Tu peux imaginer que Balor accueillit ce présent avec satisfaction. Sur les indications de l’ombre il commença lors son œuvre en tant que prophète du cauchemar. Introduisant dans le chaudron des ingrédients connus de lui seul, il concocta un savant et complexe mélange dont les propriétés conféreraient à ceux qui en consommeraient le pouvoir de percevoir ce que Dagda cachait aux siens.


13. De la trahison de Balor (Part two)

Les jeunes Tuatha De Danann burent le philtre et les portails de la connaissance s’entrouvrirent sur des visions qui n’éveillèrent en eux que concupiscence et disposition pour le carnage et la luxure. Oui mon jeune ami, tu as bien compris. Le poison insidieux que son conseiller sournois lui avait inspiré était désormais en train d’œuvrer dans leurs corps et noircissait leurs âmes. Mais bien pire que tout, afin de démontrer aux plus réticents qu’il pouvait de loin surpasser Dagda dans ses prouesses, Balor fit couler dans Graal une goutte de son sang. Les jeunes Tuatha De qui avaient bien entendu assisté à la naissance de Nemed, furent saisis lorsqu’ils constatèrent que le prodige auquel tous avaient assisté en Brug Na Boyne se reproduisait à nouveau.

Cependant, mon enfant, trois êtres étaient nés du sang de Balor. L’un ressemblait à s’y méprendre aux humains. Plus petit, le teint sombre, les cheveux noirs et drus, ses yeux sauvages brillaient de mille feux. Il se présenta comme étant Fir Bolg. Le second était gigantesque. Sa peau et son pelage ras étaient du vert profond de la sylve primordiale. Ses traits bien que vaguement humains laissaient ressortir l’Animalité la plus obscure qui soit. Etant également doté de la parole il se présenta à tous sous le nom de Troll. La dernière créature avait tous les attributs de la féminité. Magnifique, arborant les traits des Tuatha De Danann originels et ressemblant à s’y méprendre à Morrigan, elle était vêtue de givre et enveloppée d’une brume extraordinaire dont la proximité seule suffisait à geler tout ce qu’elle effleurait. Elle se présenta sous le nom d’Eved.

Alors la puissance de Balor n'était plus à prouver et les jeunes Tuatha De encensèrent le Sombre Seigneur. Dorénavant la pire des calamités venait de prendre pied dans la réalité de la terre médiane, mon fils. Le peuple Formoiré était né.


14. Du malheur à l’origine de la naissance des Fianna (Part one)

Oui, Enfant, une menace indéracinable venait de planter ses griffes glacées dans la Chimère. L’âge d’or des races aînées atteignait un tournant sombre de son histoire, mais écoute plutôt ceci. Nés de Graal et de la haine, Troll et Fir Bolg trouvèrent femmes parmi les beautés corrompues qui avaient décidé de rejoindre les disciples de Balor. Les deux créatures dont la propension à se reproduire semblait décuplée par les principes magiques du chaudron d’abondance, se multiplièrent tout aussi vite que les humains.

Bientôt, les deux peuples qui portaient les noms de leurs géniteurs furent si nombreux que les terres hyperboréales ne furent plus assez vastes pour subvenir à leurs besoins et les abriter tous. Balor dont la conscience noire n’était alors plus dictée que par son mentor, les exhorta à se rendre dans les contrées où résidaient les enfants du Créateur. Fir Bolg et Trolls déferlèrent alors sur la terre médiane comme une traînée de lave, sauvage et incontrôlable. La confrontation avec les humains fut brutale et inattendue. Oui, mon jeune ami, la peur était née… Et avec elle la réalisation de la prophétie faite par Nemed.

Le souverain des hommes se rendit à Brug Na Boyne pour aviser le Tuatha originel des malheurs qui pointaient. Il exposa la nécessité de créer sortilèges et armes pour assurer la préservation de Nemedia. Dagda la douleur au cœur accéda à la requête de Nemed et chargea Goibniu, Luchte et Creidne de concevoir les objets requis. Les forges embrasèrent les cieux Nemediants d’une lueur rouge, saturant l’air d’une chaleur oppressante. Sans relâche, assistés des Gruagachs aux marteaux d’airain, les frères conçurent ce qui jamais n’aurait dû exister sur la terre médiane, mon fils. De retour parmi les siens, Nemed comprit que le fléau avait une importance bien plus grande que ce qu'il avait présagé.

Beaucoup étaient ceux de son peuple qui avaient disparu effrayés par les hordes hyperboréennes, encore plus nombreux étaient ceux qui gisaient sans vie. Oui, Enfant, ce que nous nommons la mort existait…


15. Du malheur à l'origine de la naissance des Fianna (Part two)

Trois fois quatre des fils de Nemed qui avaient reçu de leur père sagesse, connaissance et amour de Nemedia, résistaient avec ardeur pour protéger ce qui pouvait encore être préservé. Ils étaient acharnés, de braves combattants qu'aucun adversaire, aussi monstrueux et tenace soit-il, n'effrayait. Princes adorés des leurs, tous étaient talentueux en bien des domaines. Dignes enfants de leur père né de Graal, rien ne pouvait faire fléchir leur volonté et leur rage n'avait d'égale que leur soif de justice.

Finn, l'aîné des fils du Roi des hommes était à la tête de ses frères. Magnifique comme un astre, de sa voix de tonnerre, il déclamait les lais joyeux que les Korrigans moqueurs lui avaient enseignés, de ses mains fines et musclés il tordait le cou de ses ennemis et eempilait les carcasses pour faire un rempart contre les envahisseurs toujours plus nombreux, afin de défendre ses frères. Enflammé par cette bravoure héroïque, le courage des fils de Nemed se transcenda et le souffle implacable de leur colère guerrière coucha leurs ennemis monstrueux par dizaines, comme si une tempêtes surgie du fond des âges avait décidé d'éradiquer la noirceur des hordes de Balor.

Les assauts se succédaient, les corps se mêlaient en un ballet sanglant et effroyable, rougissant le sol de la sève des enfants des hommes et de ceux qu'avait engendré Balor. Les cieux étaient amplis d'une clameur qui résonnait jusque dans les tréfonds de la terre, à la façon d'une complainte morbide si mélancolique que les montagnes même en tremblaient. Puis Nemed arriva. Voyant ce carnage auquel jusqu'à présent il n'avait rien pu faire, la tristesse envahit son coeur et les larmes roulèrent sur ses joues, chargées d'amertume. Bondissant comme un étalon que rien n'aurait pu stopper, le roi des Hommes se précipita au coeur de la bataille. Allant de fils en fils, il leur distribua les armes conçues par les Tuatha De Danann et avec fureur engagea le combat à leur côté jusqu'à ce que les sombres créatures de Balor soient refoulées.

Le danger était écarté mais les desseins du Sombre Seigneur avaient abouti, peur et cauchemar seraient désormais le lot des humains. Cependant, mon jeune ami, sur le tout premier champ de bataille qui ornait Nemedia de ses affligeantes stigmates, le plus fantastique des serments fut prononcé par Nemed et ses douze fils. Tous jurèrent sur leur vie et sur les armes que leur avaient concédées les Tuatha DE que plus jamais il n'y aurait un endroit en cette terre où les ennemis de la terre médiane ne pourraient œuvrer sans que la Fraternité de l'Epée n'intervienne. Ainsi, mon enfant, naquirent les Fianna.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Ven 15 Juin - 11:31

16. Du choix de Morrigan (Part one)

La menace avait été repoussée et le danger était en partie écarté. Néanmoins, Nemed et les Fianna se lancèrent à la poursuite des fuyards pour libérer ceux que les séides de Balor avaient asservis et emmenés en captivité. Alors, enfant, nombre des contrées de la terre médiane furent ravagées. Un souffle de désolation véhiculant l’acharnement des humains charriait toute la colère de Nemed et des siens. La vengeance était apparue.

De nombreuses batailles furent livrées sans qu’aucun des adversaires ne puissent prendre le dessus et affirmer ainsi sa supériorité. L’intensité de ces confrontations était si effrayante que même Balor en vint à se demander quelle pouvait être l’origine de la foi guidant ces êtres chétifs qu’étaient les humains.

Morrigan observait cette tragédie, au cœur de la brume magique qu’elle avait tissée pour dissimuler à tous la honte qui l’habitait. La Tuatha De était consciente que le mensonge sur la disparition de Cernunnos était à l'origine de cette folie. Rongée par le remord et désireuse de racheter sa faute, Morrigan prit la décision de se rendre à Thulé et d'avouer sa faute à Balor pour que ses créatures cessent de semer la destruction là où avant ne régnaient que bonheur et harmonie. Ainsi la femme à la chevelure rouge se rendit sur les terres hyperboréales avec la certitude que sa décision permettrait de rétablir la paix. De retrouver sa dignité…

Balor accueillit sa sœur comme il se devait et il organisa même en son honneur de grandes festivités dignes de celles qui autrefois avaient lieu à Brug Na Boyne. Et, mon jeune ami, Morrigan avoua son mensonge à Balor après moult hésitations. Elle lui révéla que leur fils vivait au cœur de la sylve primordiale parmi les bêtes. Le Sombre seigneur accueillit la nouvelle avec joie et aussitôt envoya ses émissaires pour chercher son fils. Rassurée de la réaction de Balor, Morrigan insista pour qu'il ordonne à ses troupes de cesser d'opprimer les humains afin que la paix d'antan revienne.

Hélas, le frère difforme, dont l'esprit malade était rongé par le vice, n'était animé que d’intentions belliqueuses et vengeresses à l'égard des Tuatha De Danann…


17. Du choix de Morrigan (Part two)

Hélas, le frère difforme dont l'esprit malade était rongé par le vice n'était animé que d’intentions belliqueuses et vengeresses à l'égard des Tuatha De Danann… Peut-être encore plus envers les humains qui avaient osé défier sa toute puissance. Inspiré par son mentor qui alimentait sa folie en distillant savamment doute et suspicion, le Seigneur et roi des Formoirés examina la requête de sa sœur. O mon fils, la fourberie allait encore œuvrer et Balor à l’œil unique élabora la trame de ce qui serait sa revanche.

Après avoir longuement réfléchi, Balor accepta la proposition de Morrigan… Toutefois, mon enfant, tu imagines bien que la réponse donnée serait encore l’opportunité pour une nouvelle duperie. Aussi, le Formoiré posa une condition unique qui serait décisive dans l'application de l’accord. Le départ des fidèles de Balor ne serait effectif que lorsque Morrigan aurait donné un enfant à son frère. Cette naissance viserait à sceller leur mariage et serait aux yeux de tous, le symbole vivant de ce pacte.

Morrigan comprit que Balor venait de la piéger. L'âme en peine, ne distinguant aucun autre moyen de faire cesser la folie dont elle avait été à l'origine, la Tuatha De à la rouge chevelure se résigna à se conformer à cet arrangement. Le Seigneur à l’œil unique pour qui cette victoire était bien plus qu'une revanche sur Morrigan, mais surtout, mon jeune ami, l'occasion de blesser Dagda, éclata d’un rire qui secoua la terre médiane à la manière du tonnerre.

Avide de savourer le résultat de sa ruse, il s'empressa d'envoyer des émissaires Formoirés à Brug Na Boyne, ainsi que dans toutes les cités Tuatha De Danann. La vanité d’annoncer que Morrigan le rejoignait sur ses terres afin de le prendre pour époux voila les terres du souverain Formoiré d’une couche de nuages si sombre que la nuit y résiderait en permanence. Oui mon enfant, des changements bien sinistres commençaient à affecter Nemedia de signes funestes…


18. Des conséquences de la fourberie de Balor (Part one)

Quelle que soit la nature d’une nouvelle, peu importe qui en est le porteur et qui l’envoie, le meilleur accueil lui est toujours réservé. Et, mon jeune ami, il en fut ainsi pour les émissaires qu’envoya Balor. Un banquet fut même donné en leur honneur. Car Dagda est le dieu bon et qu’en aucun cas il ne déroge aux lois de l’hospitalité qu’il a instaurées. Le Premier né écouta ce que les Formoirés avaient à dire et les laissa même rire de lui. Bien qu’il ne le montrât pas, la souffrance emplissait son cœur.

Cependant, mon enfant, et c’est en cela que tu dois voir la grandeur de ce dieu, l’humiliation n’était rien comparée à ce besoin de voir à nouveau la paix sur la terre médiane. Désireux que l’horreur cesse et que les choses rentrent dans l’ordre, Dagda renvoya les émissaires en Thulé. Il les chargea de répondre au Sombre Seigneur qu’il se déplacerait pour assister à son union avec Morrigan.

A l’annonce de cette nouvelle, Balor fut pris d’une rage incontrôlable. Son aveuglement et avouons-le aussi son mentor ombreux l’avaient persuadé que le Tuatha De originel avait décidé de le tourner en ridicule, préférant sacrifier sa fille plutôt que de risquer de combattre comme il l’avait prévu. L’ombre inspira à nouveau Balor lui soumettant un plan qui obligerait Dagda à réagir de façon à ce que tous croient que sa décision n’avait pour but que de trahir l’hospitalité du Sombre Seigneur. Ainsi, pour tous, le Premier né ne vaudrait pas mieux que son fils difforme, car il ne pourrait faire autrement que de violer l’une des lois primordiales les plus importantes.

Comme prévu, Dagda se présenta à Thulé, porteur de présents comme il se doit et accompagné de Nemed et des principaux seigneurs Tuatha De dont nombre pensait en effet que la paix serait scellée par l’union de Morrigan au dernier des enfants de leur race. Thulé avait été ornementée à la façon de Brug Na Boyne, mille oriflammes rutilantes à l’image de l’œil Unique avaient été disposées partout où que l’on puisse poser le regard. Les hurlements des Carnyx et les grondements des tambours Fir Bolg résonnaient avec tant d’intensité que les murs mêmes de la cité en tremblaient. Balor accueillit Dagda et sa suite au bras de Morrigan qui avait été parée de noir car telle était la couleur des armes Formoirés.

Ecoute bien mon fils, à quel point le cynisme de Balor est sans limite. Ayant fomenté sournoisement son plan, il fit en sorte que Morrigan l’entende donner les recommandations à ses serviteurs pour qu’ils versent un puissant poison dans Graal, dans lequel seraient préparés les mets que l’on offrirait aux convives. Embrassant son père, Morrigan ne put s’empêcher de lui murmurer à l’oreille ce qu’elle savait. En cela, elle agit de la manière que le Sombre Seigneur avait espérée. Dagda conscient de la fourbe manœuvre de son fils savait que s’il ne mangeait les mets qui lui étaient proposés, il se retrouverait en la position d’offenseur. Tourmenté par ce dilemme, le Premier né réfléchit à la manière la plus astucieuse de ne pas tomber dans le piège tendu.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Lun 18 Juin - 12:57

19. Des conséquences de la fourberie de Balor (Part two)

Lorsque Formoirés, Tuathans et humains prirent place à table, Dagda resta debout. Il tenait sa harpe magique et proposa en guise de présent d’animer le banquet de ses chants. Il joua d’abord les accords de la joie et tous ensemble les convives se mirent à rire. Faisant suite à la joie, les accords de la tristesse fendirent le cœur de tous et chacun pleura jusqu’à ce que le sol soit trempé de larmes. Pour conclure, Dagda joua l’air mélancolique du sommeil et tous s’endormirent. Profitant de l’assoupissement général, le Tuatha originel vida Graal de son contenu et le remplit de toute la nourriture qu’il put trouver en Thulé. Après quelques instants, tous les convives s’éveillèrent sans toutefois avoir gardé le souvenir de s’être endormis.

Balor que l’impatience rongeait s’adressa à son père. « Il me semble que tes chants bien qu’ils aient duré bien longtemps ont ravi l’assemblée. Tu dois être bien affamé mon Père, l’honneur te revient d’entamer ce festin en prenant pour toi la part du chef, elle te revient de droit. » Dagda qui s’attendait à ce moment se saisit de Graal à bras le corps et commença à en avaler le contenu sans prendre le temps de respirer. Devant les regards ébahis de tous, il vida le chaudron magique jusqu’à la dernière goutte, puis se tourna vers Balor. « Voilà, ainsi que tu pêux le constater, j’ai répondu à ton hospitalité et me suis nourri de ce que tu me proposais. Il semble que tes promesses de banquet ne soient pas à la hauteur de mon appétit ! Maintenant qu’il ne reste plus rien, comment comptes-tu satisfaire le reste de tes hôtes ? C’est un affront que je ne puis décemment accepter et je préfère repartir en espérant que tu répareras cette humiliation en écoutant la voix de la sagesse et en cessant de te conduire en animal. Nous repartons et je souhaite que tu payes cet offense en retirant tes sbires de mes terres et que tu rapportes Graal à l’endroit qu’il n’aurait jamais du quitter, Brug Na Boyne ! Si tel n’était pas le cas, sache que dorénavant, le Tuathan entier se lèverait au côté des hommes pour te combattre. »

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Jeu 21 Juin - 23:07

20. Des prémices de la bataille (Part one)

A peine Dagda et sa suite eurent-ils quitté Thulé, le Sombre Seigneur réunit le plus formidable conseil de guerre que Nemedia ait porté. Rentrant sur les terres libres du peuple Tuatha De Danann, Dagda renvoya tous ses fidèles en leurs demeures pour aviser leurs gens. Il fallait que tous soient prévenus de l’ombre menaçante de la confrontation qui ne manquerait pas de se dérouler. Tous avaient reçu l’ordre de préparer harnachements et armes.

Alors mon jeune ami, Brug Na Boyne, Findias, Murias, Gorias Falias et d’autres cités fabuleuses dont le nom nous échappe encore aujourd’hui furent soumises à l’inhabituelle agitation précédant les sombres événements. Humains et Tuatha De Danann habituellement si plein de joie s’équipèrent pour livrer bataille. Si le prix de la paix était la guerre, il en serait ainsi et chacun donnerait son sang pour la terre médiane et au nom de Dagda.

Mais, mon enfant, loin des affres de la fièvre guerrière qui enivrait jusqu’aux plus sages, se déroulait un étrange conseil. Après une concertation grave entre Dagda, Lugh, Goibniu, Nemed, Diancecht, Oghma, Lars, premier souverain suprême des Korrigans et les mages les plus érudits et les plus éclairés du territoire, ces illustres seigneurs, se rendirent au royaume des Gruagachs.

Hormis Dagda et sa suite, aucun de ceux restés dans les territoires libres pour aménager leur défense n’avait été mis dans le secret de la raison de ce départ, pas même Dana. Les côtes de la terre médiane habituellement si paisibles, étaient animées par le grouillement incessant des sombres mille-pattes formés par les cohortes maléfiques de Balor. Harnachés, hurleurs, écumant d’une bave née de la rage longuement instillée par le Sombre Seigneur tous étaient exaltés à l’idée d’anéantir ces adversaires qu’ils haïssaient tant. Oui mon fils, les frères allaient à nouveau faire couler le sang des leurs, l’ombre était parvenue à semer un trouble qu’il serait désormais impossible d’effacer des mémoires.

Heaumes à cimiers de bronze, cuirasses d’airain, épées, piques et haches d’acier venaient hérisser agressivement de leur lueur haineuse ce pathétique et monstrueux géant aux mouvements tentaculaires et désordonnés. La mer habituellement turquoise et si sereine était désormais dardée d’une multitude de navires et d’esquifs que trois fois dix personnes ensemble auraient eu du mal à dénombrer. Leurs voiles à moitié noyées dans un brouillard magique tissé par les nécromants Formoirés et Fir Bolgs laissaient toutefois clairement apparaître l’œil unique marquant leur texture sombre.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Mer 27 Juin - 16:12

21. Des prémices de la bataille (part two)

Horrible et indiciblement magnifique sensation pour ceux qui observaient ce spectacle que de sentir leur âme glacée par ces milliers d’yeux jaillissant de nulle part et dont le regard les transperçait. Malgré ce spectacle horrifiant et l’ambiance qui en découlait, comme l’usage se doit, mon fils, de part et d’autres, émissaires Formoirés et des terres libres remirent des présents et échangèrent les messages qu’on leur avait dit de répéter.


Alors, mon enfant, lumineuse comme l’aurore, grandiose comme un rayon de soleil, la compagnie de Dagda reparut lorsque tous pensaient qu’ils ne viendraient plus. Nuada alla en personne et au nom de tous parler avec son frère Balor. Comme il avait été pressenti pour être un grand chef dés sa naissance, il se comporta. Digne, sans haine, ses yeux brillant de la fierté qui caractérisait les plus grands, Nuada s’avança au milieu des troupes de l’armée ténébreuse, sans peur. Il n’accorda pas l’accolade fraternelle à Balor et lui demanda immédiatement de rendre Graal et de quitter la terre des Aînés. S’il ne s’exécutait pas, il aurait à affronter le courroux de Dagda.


Vois-tu mon enfant, tout être sensé aurait compris quelle chance était offerte de faire amende honorable et de reconnaître ses torts... De partir avec le goût amer de la honte dans la bouche mais, avec noblesse, grandi aux yeux de tout un chacun. Balor lui, ne réagit pas autrement que s’il avait été amusé. Et sa décision irait dans le sens qu’avait décidé pour lui l’ombre qui maintenant le dominait… la bataille fut donc le choix du Sombre Seigneur.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Mar 10 Juil - 11:07

22. De la bataille de Moy Tura et de la naissance du temps (part one)

La résolution de Balor était sans appel, l’ombre le confortait dans son choix attisant sa malveillance. Et car l’offensé décide toujours de l’endroit où justice sera rendue, Mon Jeune Ami, Dagda choisit les plaines sans fin de la Moy Tura pour livrer bataille. Mais, sache aussi que ces plaines étaient le seul espace suffisamment vaste pour que puissent s’étendre et s’affronter les innombrables rangées de combattants. Tu aurais immédiatement compris si tu avais pu contempler la multitude de guerriers qui s’alignaient de part et d’autre dans les deux camps.

Anarchiques et désordonnés, des rangs de Formoirés, de Fir Bolgs trapus, de Trolls monstrueux ainsi que de nombreuses et innombrables créatures maléfiques. Peux-tu imaginer, Mon Fils, cette Armée Ténébreuse frappant armes et cuirasses en écho aux grondements des tambours et des hurlements des trompes de guerre.

Imagine encore, Mon Enfant, dans les yeux de cette horde chaotique et disgracieuse la colère, la rage et la haine qui régnaient ; et les éclairs striant la masse sombre des nuages qui les entourait d’un suaire nébuleux ne faisait qu’accentuer leur aspect démoniaque et effroyable.

En retrait, surplombant la plaine, Balor, les Venus du chaudron et des héros de leur descendance ; Breas, Eochaï, Cirb. A quelques pas de ces démons grimaçants, se tenaient des groupes de mages psalmodiant des incantations, des chants mystiques aux accents funestes, des sortilèges et des malédictions impies.

Plus loin encore, méditant, immobiles, silencieux, les yeux fermés, le menton appuyé sur le torse, main dans la main, formant une inquiétante et macabre ronde figée, se tenaient ceux que ne l’on ne connaît que sous le nom d’Obscurs. Cette armada chaotique t’aurait sans doute fait défaillir Mon Enfant, car jamais encore tant de répugnantes créatures n’avaient été réunies en un seul lieu, aujourd’hui encore, j’en tremble rien qu’en y songeant.

Face à eux, sur l’autre versant de la plaine, fiers et souriants, Dagda, Nemed et de nombreux illustres humains et Tuatha De Danann les toisaient. Ils arboraient provocateurs ce que chants et psalmodies des sages et des érudits Gruagachs mais aussi Tuatha De Danann avaient permis de réaliser en utilisant la substance même des cauchemars du Créateur. Oui Mon Fils, cette substance terrible et corruptrice qu’est l’ombre, celle-là même qui insidieusement inspirait Balor contre les siens.

Lug, éclatant comme le prince Tuatha De Danann que tous aimaient, élevait une lance à cinq branches dont seul le souffle léger de l’aurore suffisait à embraser les pointes. Dagda, lui, tenait ses deux mains appuyées sur le pommeau d’une épée dont la largeur de la lame équivalait à celle de l’une de ses cuisses. Nuada, magnifique chef de guerre de la race des Premier nés, arborait une arme à la manufacture plus qu’archaïque en comparaison à celles des princes de son peuple. Une épée comme tant d’autres, sans ornementation ni ciselure. Une arme sur la lame de laquelle aucune lueur ne venait se refléter ; noire comme une nuit sans lune. Les tiens l’appellent Excalibur, le nom qu’il lui avait donnée alors était Calfwech’t.

Détaché et absolument méprisant quant à ce qui allait se produire, Nemed inspectait du pouce le tranchant des deux lames d’une hache aussi haute que son épaule. Cette arme de la même matière que l’épée de Nuada et de celle de Sengann, son propre fils, chantait une mélopée hypnotique et langoureuse, un chant funèbre pour ceux qu’elle viendrait faucher avec enthousiasme et plaisir. O Mon Fils, tu aurais vu comme Nemed l’exhibait avec moquerie en signe de provocation. Jamais tant de légèreté en un moment aussi tragique ne fut aussi encourageant pour les siens.

En signe de ralliement, tous les braves étaient vêtus de kilts ou de pièces de tissu du rouge du sang qui ne manquerait de couler, de cette couleur de la chevelure de Morrigan qui serait l’égérie de cette lutte fratricide. Hormis ces quelques morceaux de drap masquant à peine leur nudité, les vagues de combattants humains et leurs aînées Tuatha De Danann avaient recouvert leurs corps de complexes symboles tracés avec d’éclatantes et vives peinture, en l’honneur de Dana leur mère à tous.

L’honneur et la dignité étaient les seules armures qu’ils opposeraient aux lames de leurs monstrueux adversaires. Sans frayeur ni doute, ils exhibaient avec fureur et détermination boucliers et armes, répondant aux hurlements de leurs adversaires par des cris de guerre effroyables.

C’est à cet instant précis que naquit le Temps, Mon Fils.

Désormais chaque événement qui marquerait cette journée et les suivantes écrirait dans le sang des braves la trame sinistre de ce que deviendrait l’avenir. Ton histoire et ton destin trouveront dans mes mots leur signification, sois sûr que ta présence ici est la continuité de ce récit. L’âme des guerriers qui désormais t’habite n’est qu’une conséquence de la sournoise manifestation de l’ombre qui causa tous ces fléaux. Mais je m’égare, poursuivons ce récit si tu le veux bien, il est loin d’être fini.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Mar 10 Juil - 11:10

23. De la bataille de Moy Tura et de la naissance du temps (part two)

Désormais chaque événement qui marquerait cette journée et les suivantes écrirait dans le sang des braves la trame sinistre de ce que deviendrait l’avenir. Ton histoire et ton destin trouveront dans mes mots leur signification, sois sûr que ta présence ici est la continuité de ce récit. L’âme des guerriers qui désormais t’habite n’est qu’une conséquence de la sournoise manifestation de l’ombre qui causa tous ces fléaux. Mais je m’égare, poursuivons ce récit si tu le veux bien, il est loin d’être fini.

Alors, de part et d’autre, des guerriers quittèrent les rangs serrés de leurs troupes respectives pour se rendre au centre de la plaine. Il leur fallait, Mon Jeune Ami, effacer la honte des affronts subis individuellement et laver leur honneur par les duels rituels. Les face-à-face durèrent longtemps ; ils s’arrêtaient au couchant et reprenaient au lever du soleil. Pour chacun ce fut une éternité et chaque jour durant, les rangs des hommes concernés diminuaient.

Le sixième matin, lorsque plus personne n’eut à se rendre sur la plaine, tenant Graal du bout des doigts Balor interpella son père. D’une voix tonitruante, il cria pour qu’on l’entende d’un bout à l’autre de la plaine de Moy Tura à Dagda :
« Père, si tu désires ton chaudron, viens le chercher ! Octroie moi la moitié de tes territoires ! Alors je t’embrasserai puis retournerai en Thulé. »
Le père de tous les Tuatha De Danann répondit simplement :
« Graal reviendra aux siens et toi, mon fils tu seras banni pour l’éternité en un territoire aussi vaste que ta vanité s’y perdra ! N’attends aucune compassion de ma part ni même de ceux contre qui tu lèves ton armée, seul le Créateur décidera de notre destin.»

Le dernier mot du Dagda fut le signal qui vit la MoyTura se couvrir d’innombrables combattants qui se déversèrent, se mélangeant en une immense et macabre sarabande mêlant chair, acier, hurlements, effroi et pleurs. Mille féroces Fir Bolgs s’acharnaient comme des bêtes enragées et écumantes de rage sur de valeureux et braves guerriers de la terre des Aînés. Nuada, Dagda, Nemed et d’aussi illustres héros repoussaient les vagues successives d’attaquants sans jamais faire montre d’épuisement. O Mon Fils, comme ces glorieux héros étaient vaillants, imagine-les, infatigables, pourfendant sans distinction tout ce qui n’était pas orné du rouge, de la couleur de Morrigan...

Cirb, Eochaï et Breas se jetaient entourés de leurs fidèles sur les Tuatha De Danann et les humains, à la manière de charognards sur des proies faciles. Mais, Enfant, la magie des sortilèges qui emplissait les armes des fils de Dagda leur faisait décimer cent fois plus d’adversaires que n’importe lequel des héros de l’armée Ténébreuse.

Le sol de la Moy Tura vira rapidement en un tapis carmin et bourbeux contrastant avec la verdure environnante et la fraîcheur éclatante de l’herbe qui y poussait habituellement.
Entends-tu encore le fracas assourdissant du tonnerre et des armes rencontrant les cuirasses ? Celui du métal déchirant les chairs et aussi les cris de rage et de douleur ; l’infâme succion des pieds s’arrachant du sol gorgé de sang… Imagine toutes ses sensations, laisse-les remonter et vis toi aussi cet effroyable cauchemar.

Oui Mon Fils, les imprécations lancées par les chefs de guerre résonnent à tes oreilles, les râles des blessés à peine atténués par les carnynx et le grondement des tambours font battre ton cœur plus vite et te donnent la nausée. Apprends ce qu’est la peur et observe dans mes yeux les corps qui s’amoncèlent en de funèbres monticules sur les plaines de la Moy Tura. Imprègne-toi de cette horreur, contemple ces têtes et ces membres tous positionnés en d’outrageantes attitudes, complètement démantibulés. Vois ce que l’ombre peut réaliser et commence à détester ce que tu devras combattre.

Doucement, reviens vers moi, laisse le calme de la Chimère te caresser de son infinie douceur, c’est fini… Maintenant je peux poursuivre, pardonne-moi la brutalité de ces images elles étaient nécessaires, elles font partie de ce que tu dois apprendre.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Jeu 12 Juil - 10:01

24. De la puissance de l'oeil unique de Balor (part one)

Enfin, lorsque le soleil se couchait, les combats prenaient fin et chacun récupérait morts et blessés. Et, mon jeune ami, le lendemain, les rangs ennemis ne semblaient pas pour autant avoir diminué ; la motivation de tous restait inflexible. Diancecht avait creusé des puits de guérison dans lesquels les moribonds retrouvaient vigueur et force, grâce aux savants principes magiques que le Tuatha De et les Korrigans avaient élaborés. Oui, mon enfant, en ces âges mythiques, la mort existait mais n’était pas toujours irréversible.

Alors, à la fin du sixième jour d’affrontement, aucun des deux camps ne prenant l’avantage, après que des messagers soient envoyés de part et d’autre, une trêve fut instaurée. Il fut décidé que les combats singuliers opposant les chefs et les héros de l’armée Ténébreuse à ceux des Premiers nés départageraient les antagonistes.

Les valeureux combattants qui croisèrent le fer se succédèrent comme si les duels ne devaient jamais prendre fin. Tous étaient braves ; moult laissèrent la vie et aujourd’hui encore mon jeune ami, les récits de leurs exploits sont chantés et contés autour du feu comme s’il ne s’agissait que de légendes.

L’enjeu était si important que Nuada et Lug eux même entrèrent sur la plaine pour se confronter aux héros Formoirés et Fir Bolg. Peu survécurent aux armes enchantées que le père et le fils maniaient sans relâche de l’aurore au couchant. Pas un instant ils ne prirent le temps de se reposer. Jamais ils ne défaillirent, mon fils, en cela on put voir quelle majesté les habitait.

Le Troisième jour de ces sanglants engagements, les Obscurs qui jusqu’à présent n’étaient pas rentrés en lice levèrent les bras au ciel en psalmodiant des sortilèges dont les paroles même écorchaient les tympans de ceux qui les entendaient. Les sons qui émanaient de leurs gorges inhumaines étaient si atroces que nombre furent ceux obligés à déposer les armes pour se boucher les oreilles.

Le spectacle mon fils, était apocalyptique. Le climat était oppressant et la voûte céleste si basse que l’on aurait cru qu’elle allait toucher les casques des guerriers. Les ténèbres de la nuit la plus sombre venaient de s’abattre sur la Moy Tura. Seuls quelques éclairs d’un bleu aveuglant permettaient d’entrevoir le carnage qui continuait de se dérouler.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Lun 16 Juil - 9:45

25. De la puissance de l’œil unique de Balor (Part two)

Dagda frappait de taille et d’estoc, sans relâche. La lame en fusion de son épée fabuleuse décimait ses adversaires par dizaines, à la suite les uns des autres. La lance de Lug chassait les Formoirés comme s’ils n’avaient été que des insectes. Et de son côté, mon ami, Sengann décapitait les inconscients qui osaient s’aventurer trop près de sa lame enchantée.

C’est à cet instant précis, mu par l’Ombre qui commandait à son esprit malade que Balor quitta les hauteurs d’où il observait le champ de bataille. Horreur indicible que son œil unique changeant de couleur pour virer au carmin le plus éclatant qui soit, je t’assure. Puis ce fut un rayonnement aveuglant qui s’en échappa balayant tous les combattants quelque soit leur camp. Un halo si vif que tous durent détourner le regard pour ne pas être aveuglés.

Oui, mon jeune ami, L’œil de Balor était incandescence et destruction. Rien n’y résistait. Alors le preux Nuada tenta de s’interposer pour que cesse le carnage… Trop des siens mourraient et hurlaient l’horreur. Car les douleurs de ce feu maléfique tout droit sorti du crâne du Sombre Seigneur puisaient leur énergie dans le cauchemar, dans la substance même de l’ombre. Las, la vaillance de Nuada n’avait pas la force de cette arme inégalable. Bravement le fils de Dagda tenta de frapper celui qui avait été son frère mais son bras n’atteint pas le démon. Ce bras qui portait l’espoir des Premiers nés subit l’amputation la plus horrible qui soit.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Mer 18 Juil - 16:02

26. De l’intervention de Morrigan et du bannissement de Balor.

Ecoute enfant, écoute bien ce qui se produisit en cet instant dramatique, ainsi tu comprendras la foi qui anime les guerriers quand ils invoquent la déesse à la rouge chevelure...

Balor était sur le pont de mettre à mort Nuada, alors, éclair de feu, lame de lune éclatante et vive un mur de lumière s’interposa entre les frères. Morrigan venait d’apparaître sous la forme d’une entité éblouissante, nimbée d’une aura de paix, d’amour. Plus puissante encore que le cauchemar. Elle s’adressa à Balor en ces termes « Tu n’es pas digne de l’amour que je t’ai témoigné et désormais par les liens qui m’unissent à ce monde tu seras maudit jusqu’à la fin des temps. Par la puissance que me concède la terre médiane, fruit du rêve du Créateur je te chasse ainsi que les tiens en vos contrées mille fois maudites que désormais vous ne pourrez plus quitter »

Balor stupéfait comprit que les paroles de Morrigan étaient chargées d’un pouvoir croissant. O mon enfant, à mesure que l’éclatante lumière rayonnait du corps de la déesse à la rouge chevelure chacun des membres de l’armée Ténébreuse fit demi-tour tant l’effroi et la douleur qu ‘elle leur infligeait était insupportable.

Le Sombre Seigneur tenta de résister et concentra tous ses efforts pour détruire celle qu’il avait autrefois tant aimée. Mais le pouvoir de la détermination de Morrigan était bien plus puissant que sa volonté. L’ombre même se terra au plus profond de son corps difforme et Balor dut se résoudre à prendre la fuite laissant le charnier de la Moy Tura. Ainsi prit fin le plus lourd et le plus important massacre que Némédia ait porté sur son sol mon enfant. Ainsi tu sais quel héritage a laissé l’ombre.

Morrigan disparut en se divisant en trois personnes distinctes que désormais les Tuatha De Danann nommerait et révèrerait sous le titre de la « Babd » ce qui veut dire « la lueur de l’étoile qui est trois ».

Après le moment des pleurs vint celui des honneurs, enfant. Car ceux qui donnent leur vie pour une cause juste se doivent d’être honorés et vénérés. Et pour chaque brave qui était tombé sur la plaine de Moy Tura fut érigée une pierre sur laquelle l’ogharune de son vécu fut gravé. Ces milliers de pierres dressées, tu peux encore les voir, elles sont le souvenir d’un passé héroïque que nous ne devons jamais oublier ou renier.

Morrigan quant à elle n’apparaît plus qu’à de rares occasions sous l’une de ses trois formes. Une jeune fille insouciante couronnée de fleurs, un corbeau au bec rouge ou une vieille femme voûtée soutenant le poids des âges et le malheur des actes passés… Toutefois, jamais elle ne revint parmi ceux du peuple de Dana. Oui mon enfant, Morrigan préfère rester en communion avec la Chimère. Depuis ce jour funeste, elle apporte sagesse, volonté et courage aux Gaiscedachs.

Ainsi s’achève le récit de l’âge d’or des Tuatha De Danann mon enfant. Ici commence l’ère qui vit la colère de Bran, mais cela je te le raconterai après m’être reposé, si tu le veux bien.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Lun 23 Juil - 10:53

27. De la séparation des hommes

La colère de Bran avait ébranlé la terre médiane et, même avec son départ, les éléments continuèrent de se déchaîner. Conscients qu’il n’était plus possible de résider dans leurs cités d’antan, les nobles enfants de la race des hommes se réunirent.


Nemed trônait en père vénérable ; face à lui ses fils aînés qui dorénavant étaient tous à la tête d’une branche bien distincte de son peuple. O, mon enfant, comme ils étaient magnifiques tous ces fiers seigneurs. Il y avait Badra le Secret dont on ne s’apercevait qu’il était là uniquement lorsqu’il ressentait le besoin de le faire savoir. Près de lui, Sengann à la Noire Epée au sang bouillonnant et à la parole incisive. Et aussi Cormac le Voyageur qui avait établi son royaume au milieu des plaines de Manannan auquel il vouait une amitié sans borne. Inapprivoisable et renfrogné siégeait Slaine l’Opiniâtre qu’aucune situation ne faisait revenir sur ses décisions quoiqu’il lui en coûte. Près de lui, querelleurs mais inséparables, Elcmar l’Arrogant connu de tous pour sa jalousie et Conan le Circonspect dont la prudence était illustre. Quelques Tuatha De Danann étaient là aussi, les premiers nés, car ils avaient encore de l’amour pour les humains même s’ils ressentaient de l’amertume. Les autres Tuatha De, plus jeunes, avaient préféré se détourner de la race maudite qu’ils considéraient comme responsable de tous les malheurs survenus.


Ainsi, l’inquiétude et l’angoisse gouvernaient cette assemblée fabuleuse dont les spectres des disparus hantaient chaque membre. Pour beaucoup, il n’était pas question de demeurer sur le territoire que la fureur de Bran avait marqué de son courroux. Le déchaînement des éléments poursuivait son œuvre destructrice en écho à ce qui semblait être une damnation sans fin. L’avis d’aller vers des cieux nouveaux en quête de contrées plus accueillantes afin de recommencer une vie nouvelle n’était pas général. Le désaccord quant aux directions que chacun voulait suivre leva le voile sur l’ambition individuelle. Les litiges opposant les enfants de Nemed virent s’étioler la magie de la fraternité et bientôt, mon enfant, la discussion fit place à des joutes verbales acerbes.


Les Premiers nés écoutaient chaque argument avec détachement, n’intervenant que judicieusement pour raisonner les propos les plus immodérés. Mais les humains habités par l’effroi, mon jeune ami, n’écoutaient que leur cœur et non la sagesse des enfants de l’aurore. Les Tuatha De Danann, bien qu’ils usaient de diplomatie, ne réussirent pas à se faire entendre. Alors chacun des fils de Nemed quitta le conseil, car aucune parole n’était à même de changer la décision que chacun avait déjà prise. Le temps de l’émancipation était venu ; le sort des hommes était écrit, leur détermination venait de le sceller. A cet instant, la terre médiane se mit à trembler encore plus fort, les cieux s’assombrirent et le tonnerre gronda avec tant de puissance que les merveilleuses cités Tuatha De Danann se disloquèrent. Dieux et hommes, malgré le vent et la tempête, entendirent distinctement cette complainte qu’entonna Morrigan :


« Que les étoiles vous bercent,

O héros De Danann,

Nul plus jamais ne verra vos pareils.

Contemplez la terre médiane

La terre verte qui est vôtre,

Payée de votre sang et de votre vaillance

Dans une gloire mythique.

Que la paix règne en vos cieux

Et qu’elle règne sur le Sidhe,

Qui désormais sera votre exil

Car ici prend fin votre règne. »

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Jeu 26 Juil - 10:57

28. Des Cornics, maîtres du fleuve (part one)

La peur au ventre mais bien décidés à quitter les zones côtières en proie aux raz de marée, les gens de la branche de Conan s’enfoncèrent dans les impénétrables forêts, en lisière de leur ancienne patrie. L’hostilité et la férocité des peuplades rencontrées entraînèrent des luttes fratricides et les armes chantèrent à nouveau. Conan n’avait nullement l’intention de freiner sa progression et il adopta une attitude offensive contre tous ceux qui se dressaient sur son chemin. Sa détermination était inébranlable et le tribut à payer fut lourd.

Oui mon enfant, le sang coula encore et Conan le Circonspect vit sa suite s’amenuiser, car bien nombreux furent ceux qui périrent dans cette quête d’une terre nouvelle. Ainsi commença dans le sang et la douleur l’épopée du peuple Cornic. Plusieurs milliers furent ceux qui partirent des terres Tuatha De Danann, à peine quelques centaines verraient l’achèvement de ce redoutable périple.

Après de nombreuses années et maints combats, les Cornics trouvèrent les traces d’un site trahissant la réalité affligeante d’une fatalité tenace. Leur errance et les luttes acharnées les menant au cœur des sylves d’Estaurus ne les avaient pas conduits à plus de quelques centaines de kilomètres de leur point de départ. La nature avait repris ses droits, elle s’était jouée des humains qui bien des fois étaient revenus sur leurs pas sans en avoir conscience. Le découragement commença à frapper les plus persévérants et même Conan faillit renoncer.

Oui mon fils, le prix de l’exil était lourd. Le destin était bien injuste et l’ironie du sort voulut que la terre médiane soit le piège que les humains devraient affronter. Adversaire sournoise aux armes multiples, la sylve et les embûches dues aux mutations qu’elle subissait étaient probablement la pire infortune à laquelle Conan et les siens pouvaient être confrontés. Plus fort que tout, l’espoir triompha de l’abattement lorsque les Cornics rejoignirent les rives d’un cours d’eau. Symbole d’espérance, ils nommèrent l’Elorn, ce qui signifiait dans la langue de leurs pères « le chemin ».

La majorité des clans de la branche de Conan décida que le fleuve serait la voie qui garantirait une progression plus rapide et plus sûre que les forêts. La source de l’Elorn se trouvait vers le levant, mon fils. C’est là que les Cornics iraient afin de s’éloigner le plus possible de la zone maudite arpentée inutilement pendant de si longues années. Mais pour mener à bien telle entreprise, il fallait s’adapter et se préparer pour la suite du voyage. Un camp fut établi et chacun se mit à l’ouvrage. De longs mois passèrent encore. Et il fallut repousser les attaques des maraudeurs et prédateurs de toutes sortes, car un campement d’une telle importance attirait toutes les convoitises. Toutefois, mon ami, des dizaines d’embarcations furent construites pour le grand départ, car le peuple Cornic avait la foi en son chef.

Une fois les esquifs mis à l’eau, la navigation fut rude. Avec les moyens précaires mis en œuvre, remonter les flots tumultueux de l’Elorn grossis par les inondations ne fut pas une tâche aisée. Beaucoup des gens de Conan périrent noyés sans que leurs frères n’y puissent rien.

Après quelques temps, les Cornics atteignirent enfin une place où la colère du fleuve était atténuée. Situé bien plus avant vers l’est, l’endroit, dont la clémence tranchait avec l’impétuosité jusqu’alors connue, était l’occasion pour les humains de faire une halte justifiée et méritée. Les ondes paisibles de l’Elorn formaient une vaste étendue lacustre aux rivages sableux, une anse où les survivants pourraient enfin mettre pied à terre.

Bordant ce havre de paix, en plein cœur des territoires du centre Est, le relief chaotique et la végétation luxuriante de la sylve primordiale rappelaient aux Cornics que cette quiétude tant espérée ne serait qu’une étape à leur périple. Leur but se trouvait bien plus avant, mon fils. Les années avaient passé et la terre médiane avait changé d’aspect. Ce qui autrefois n’était que prairies verdoyantes et vallons herbeux était maintenant forêts et sombres futaies. De bien étranges créatures les hantaient, sinistres et sanguinaires. Cet endroit avait également subi les outrages de la Grande Désolation et après quelques explorations les Cornics redécouvrirent avec émerveillement les reliquats de l’un des plus fantastiques refuges dont un homme ait pu rêver.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Lun 6 Aoû - 9:08

29. Des Cornics, maîtres du fleuve (part two)

Oui, mon jeune ami, une fois encore le destin se jouait des descendants de Nemed. Les gens de Conan avaient fui les terres Tuatha De Danann et en ce lieu inconnu, ils allaient trouver asile et réconfort dans les vestiges de l’une des cités des enfants de l’aurore. Ce serait la première qu’ils rebâtiraient, là où autrefois les membres de la race de Dagda s’étaient épanouis, en parfaite harmonie avec la nature qu’ils chérissaient tant.

Ainsi, mon enfant, les Cornics dont beaucoup étaient las de ce voyage éprouvant, décidèrent de s’installer en ces lieux. Après quelques temps, Conan décida qu’il fallait poursuivre le voyage. A la tête de son étrange armada il se lança de nouveau sur les flots tumultueux de l’Elorn.

Mais avant qu’il ne reparte, les gens de Conan qui demeurèrent lui firent serment d’allégeance. Cet endroit serait toujours un refuge où chaque Cornic, quelque soit son lignage, pourrait trouver asile. Alors mon jeune ami, la première cité Cornique fut baptisée Numes, ce qui dans la langue originelle des pères des Cornics veut dire « abri ».

Poursuivant leur quête vers le levant, les plus aventureux persistèrent et longèrent les méandres de l’Elorn. Navigant sans relâche, Conan et les siens comprirent que la complainte de Morrigan avait en effet marqué le départ des Tuatha De Danann de Nemedia, pour une destination mystérieuse. Témoignage de la gravité de ce sort funeste, bien des lieux édifiés par les enfants de l’aurore parsemaient les rives boisées du fleuve et de ses replis oubliés.

Le harassement de ce voyage aventureux et la perte de nombre des leurs, avaient fait prendre conscience aux Cornics, qu’ils pouvaient rebâtir ce qui était détruit. Les épreuves avaient été nombreuses et pénibles, le temps était venu pour les plus las de se poser. La branche de Conan se dispersa avec la découverte de chacun de ces sites, c’était l’opportunité de recommencer une vie nouvelle. Bienveillant et juste, le fils de Nemed approuva le choix des siens. Il savait que ses gens pourraient se protéger des fléaux que ce monde avait engendrés.

Conan le circonspect portait bien son nom. Il avait été décidé que chaque groupe enverrait des messagers à ceux qui étaient restés en arrière dés leur établissement. Sa parole fut honorée et le contact resta maintenu. La souffrance vécue collectivement avait généré une fraternité qui unissait tous les Cornics. Cette inébranlable valeur permit d’édifier les fondements de leur civilisation. Oui, je te le dis, elle mettrait en avant la détermination des Cornics d’asseoir leur indivisibilité malgré la distance qui les séparait. L’installation dans les cités n’était qu’une étape dans l’implantation des Cornics dans ces territoires dont les multiples menaces restaient bien réelles.

Mais, forts de l’expérience les ayant conduits en ces contrées, les Cornics savaient maintenant à quels dangers ils étaient exposés. Ils savaient que leur salut résiderait dans le choix de leur défense. L’érection de défenses inébranlables leur assurerait une vie paisible. C’est ainsi que la mise en commun de leurs efforts permit à chaque communauté d’édifier les plus impressionnantes fortifications que la terre médiane ait portées.

Et pendant cinquante années, les gens de Conan avec patience et détermination mirent en place et bâtirent les remparts enclavant les six cités qu’ils avaient investies. Ces années, mon fils, leur apportèrent leur lot de soucis et ils eurent à essuyer de nombreuses batailles. La terre médiane était sauvage et nombreux étaient les périls en cet âge farouche. Oui, les pillards écumaient Nemedia, souvent ils étaient plus féroces que les créatures de la nuits ou que les bêtes sauvages. Oui car je t’ai parlé des gens de Conan le Circonspect, mais ceux de la branche de Badra le Secret avaient investi la sylve et en avaient fait leur domaine, il étaient redoutables et sans pitié. Je te l’expliquerai en détail plus tard…

Dorénavant abrités par leurs imprenables citadelles, ceux qui autrefois avaient été les membres de clans désorganisés mirent à contribution, au profit de tous, les connaissances et savoirs issus de leur héritage culturel. Développant une société hiérarchisée et structurée, les Cornics instaurèrent les préceptes fixant les règles de ce qui deviendrait les Duchés de Cornouaille. Car Conan disparut avec ses proches, les plus braves de ses guerriers… Personne ne sait ce qu’il advint de ce souverain magnifique. Mais il fallait administrer les cités Corniques et continuer l’œuvre du fils de Nemed.

Tout au long des décennies faisant suite à leur installation, les Cornics continuèrent d’enseigner à leurs enfants la méfiance à l’égard du dehors. Mais ils maintinrent toutefois de solides relations avec les membres des autres duchés. Les serments faits à Conan seraient pour longtemps la loi qui souderait son peuple. Les Cornics délaissèrent les voies terrestres peu sûres pour mettre en place un système de navigation fluviale plus à même de répondre à leurs attentes concernant la desserte de leurs cités. Ainsi, mon jeune ami, ils purent favoriser les échanges et le commerce d’une manière rapide et appropriée. Cette solution adoptée par toutes les cités avait en outre l’avantage de pouvoir leur permettre de conserver une indépendance totale à l’encontre d’un quelconque adversaire se risquant à une tentative de siège. Les années qui suivraient tendraient à prouver que leur méfiance leur donnerait raison mon fils…

Mais ceci, tu t’en doutes bien, ce sera l’occasion d’un autre récit, car Nemedia en regorge. Pour l’heure, il vaudrait mieux que je te parle du destin de Badra le Secret et de ceux de sa branche.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Lun 6 Aoû - 13:58

30. Des Otrybes, maîtres des sylves (Part one)

Ecoute le récit qui suit mon fils. Apprends comment certains des descendants de Nemed avaient compris qu'il n'y aurait pas de salut pour eux, si ce n’est celui de s’adapter à cette terre incertaine qu’était Nemedia. Laisse-moi te conter l’histoire des seuls peut-être, qui trouvèrent l’équilibre avec la terre médiane.

Avec les malheurs engendrés par la Grande Désolation, les hommes étaient faibles. Le déclin de la fraternité vit l’avènement des plus forts. Les plus démunis étaient opprimés et sans espoir. Ils étaient la proie de tous les maux et pour la plupart, proches de régresser à l’état d’animaux sauvages. Rares étaient ceux qui s'affirmèrent et furent capables non seulement de se défendre mais aussi de rendre coup pour coup. Les gens de la branche de Badra le Secret n’étaient pas parmi les plus aguerris, mon jeune ami. Mais la volonté de leur chef les a poussés à conquérir une nouvelle place dans ce monde en plein changement.

Ainsi quittèrent-ils les plaines où résidaient les Tuatha De Danann. Comme nombre d’humains poussés à l’exode, les cataclysmes liés aux marées et aux tempêtes les conduirent à prendre la direction des vastes sylves de l’est et du sud. Pour les gens de Badra aussi, le chemin fut parsemé d’embûches. Mais en ces temps troubles, l’hostilité était à son paroxysme et bien peu furent ceux qui n’eurent pas à payer lourdement le prix d’une tranquillité tant espérée. De par sa nature, Badra sut guider les siens en usant de subterfuges à même de les rendre insaisissables. Alors, rejoignant les frondaisons antiques, les hommes commencèrent à vivre conformément aux lois sauvages. Oui mon enfant, ces hommes étaient les ancêtres de ceux que nous nommons Otrybes.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Ven 10 Aoû - 9:22

31. Des Otrybes, maîtres de la sylve (pat two)

Les cauchemars du Créateur avaient donné naissance à nombre d’abominations et de créatures surnaturelles qui avaient élu domicile dans les sombres forêts Nemediantes. Les gens de la branche de Badra n’avaient aucune intention belliqueuse, leur seule erreur avait été de vouloir fuir la tourmente et la violence. Las, la sylve primordiale n’était plus l’endroit enchanteur des temps anciens. Et mon enfant, les Otrybes livrèrent alors un combat incessant. Car la nature profonde des bêtes avait changé et en l’humain, elles ne voyaient que prédateurs acharnés ou proies qui calmeraient leur appétit. Mais les bêtes n’étaient pas les seules à hanter les forêts. Il était d’autres étranges créatures. L’une d’entre elle était Cernunnos le fils difforme de Morrigan et de Balor. Oui mon ami, celui que les Otrybes appelèrent le Dieu Cornu, car il était effrayant et régnait sur les Trolls et nombres d’entités monstrueuses dont aujourd’hui le nom même a disparu.

Badra, dont la furtivité lui avait valu le nom de « Secret », enseigna aux gens de sa branche à se dérober avec finesse. Employant la ruse, s’adaptant à ce nouveau territoire dont chaque élément pouvait être propice à se fondre dans la nature, les Otrybes comprirent rapidement que leur seul espoir de survivre serait de rester solidaires. Cependant, l’infériorité en nombre des gens de Badra les ferait très rapidement massacrer s’ils ne parvenaient pas à trouver un arrangement avec le souverain de la faune monstrueuse. Oui mon fils, le Dieu Cornu était impitoyable envers les intrus et chaque jour, il accablait un peu plus les humains.

Après de longues concertations avec les chefs des clans de sa branche, Badra se présenta au Dieu Cornu. Le fils de Nemed supplia Cernunnos de lui accorder un territoire où son peuple pourrait vivre en paix. Un lieu où ils ne lui causeraient pas le moindre désagrément. Le Dieu Cornu désapprouvant la présence d’autres créatures que les siennes dans ce qu’il avait décrété être son royaume, resta inflexible aux suppliques. Tout retour en arrière était impossible… Les humains s’étaient installés, ils devraient subir les conséquences de leur audace. Badra était accablé, il avait compris qu’il avait conduit les siens dans un piège bien pire que ce que leur aurait réservé les cataclysmes.

Les chefs Otrybes ayant décidé de suivre leur guide, entendirent les paroles lugubres du Dieu Cornu. Ils furent bien avisés mon enfant. Comprenant que Badra allait faire les frais de cette entrevue présomptueuse, ils se ruèrent sur Cernunnos. Tu les aurais vu, minuscules créatures tentant dans un élan de bravoure de capturer le dieu des bêtes. Alors, Cernunnos amusé par une telle audace repoussa les êtres chétifs, presque en les ignorant, car à ses yeux ils n’étaient rien.

Mais les gens de la branche de Badra avaient forcé l’admiration du Dieu Cornu. La sauvagerie que l’amour du fils de Nemed leur avait courageusement dictée venait de sceller le sort des humains. Oui mon fils, car dans la détresse ils s’étaient lancés à corps perdu dans une lutte farouche, Cernunnos décida qu’ils étaient dignes d’avoir leur place dans les forêts. C’est ainsi qu’il leur offrit la possibilité de résider dans son royaume.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Jeu 16 Aoû - 9:42

32. Des Otrybes, maîtres des sylves (part three)

L’origine divine de Cernunnos lui conférait de très grands pouvoirs. Afin de prouver sa générosité et sa puissance à Badra et à ses gens, le Dieu des Bêtes les gratifia des privilèges auxquels n’ont droit que les animaux. Oui mon enfant, il donna aux Otrybes la faculté de voir dans la pénombre comme en plein jour, car la sylve primordiale est aussi sombre qu’une nuit sans étoile. Les humains acquirent aussi le bénéfice de se déplacer avec félinité pour ne jamais se faire remarquer en leur nouveau domaine.

Les forestiers mirent à profit les dons du Dieu cornu. Bien vite leur adaptation à cette contrée les rendit autonomes et à même de faire face à toutes situations. Ceux qui n’étaient que des opprimés emplis d’effroi devinrent de terribles prédateurs, mon jeune ami. Et les Otrybes gagnèrent rapidement en puissance. Badra le Secret, à qui Cernunnos accordait une confiance limitée, avait toujours espoir qu’un jour son peuple se libérerait du joug de l’odieux seigneur. Et ce moment arriva. Oui, enfant, les Otrybes cessèrent de courber l’échine face aux Trolls et progressivement ils les écartèrent du territoire qu’ils s’étaient attribués.

Cette période fut terrifiante et il y eut des batailles entre les deux peuples. Ce fut même le début d'une guerre, car les humains voulaient se venger des Trolls qui torturaient et dévoraient leurs frères. Les créatures de Cernunnos réalisèrent que les humains étaient devenus bien trop dangereux. Les combattre s’avérait bien périlleux ; car Badra avait su insuffler ténacité et rage à ses guerriers. Alors les Trolls proposèrent une trêve aux Otrybes. Et pour sceller ce pacte, une de leurs femelles fut donnée en mariage à l'un des chefs humains.

De là vint la grande scission qui déchira la branche de Badra jusqu'alors toujours restée unie. Oui mon fils, Cernunnos n’avait pas été dupe des ruses du fils de Nemed. Malicieux, il avait su semer le doute dans l’esprit des plus faibles, leur promettant territoires giboyeux et pouvoir. Ainsi, les amis et les proches du chef qui s’était uni avec la femelle Troll se constituèrent rapidement en une aristocratie dissidente. Les lois sauvages de la forêt avaient eu raison de l’autorité de Badra.

Telle une harde de chiens, les hérétiques adoptèrent Cernunnos pour chef de meute. Bientôt d’autres unions contre nature se nouèrent, le penchant bestial des plus primitifs était enfin mis en évidence. L’homme a de vils instincts mon fils, il suffit de peu pour qu’ils le dominent. Cependant Badra le Secret et les autres chefs des clans Otrybes refusèrent d’accepter un tel prix pour garder leur liberté. Car la fierté d’un homme libre est de marcher la tête haute et non de ramper parmi les bêtes. Car le sang de Nemed issu de Graal coulait dans leurs veines et les rappelaient au souvenir de l’ère où ils marchaient au côté des dieux.

Les déviants qui s’étaient alliés avec les créatures de Cernunnos devinrent cruels et sanguinaires. Avec les années ils dégénérèrent et régressèrent au stade d’hommes bêtes. Les sylves furent le théâtre d’abominations sanglantes qui virent périr maints braves restés fidèles à Badra. Oui mon fils, face à cette puissance, aucun clan isolé ne pouvait résister. Mais les enfants de l’aurore n’avaient pas tous déserté la terre médiane…

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Mar 21 Aoû - 15:19

33. Des Otrybes, maîtres des sylves (Part four)

La souffrance des gens de la branche de Badra n’échappa pas à Morrigan. La Tuatha De fit alors appel aux esprits les plus purs de la forêt, car elle ne voulait pas devoir affronter elle-même l’enfant qu’elle avait abandonné. Et aussi car la culpabilité la rongeait ; sans sa faute passée, Cernunnos ne serait pas devenu le souverain des bêtes. C’est ainsi que pour la première fois depuis la Création le peuple Daoine Sidhe intervint. Les êtres sylvains, dont on dit qu’ils sont l’âme des arbres et le sang des rivières, ceux-là même dont le pas est plus léger que le souffle d’une brise printanière se dévoilèrent.

Oui mon enfant, les Daoine Sidhe quittèrent la quiétude de leurs bosquets enchantés pour venir en aide à la branche de Badra. La folie ne devait pas habiter plus longtemps le domaine qu’ils chérissaient plus que tout. Ralliant les chefs réfractaires qui résistaient, les Daoine Sidhe les incitèrent à refuser l'offre asservissante des Trolls pour lutter contre le Dieu Cornu. Allié à la race fabuleuse, le peuple Otrybes qui avait la nostalgie des temps anciens put venir à bout des Trolls et chasser les hommes bêtes. Badra le Secret et les siens n’eurent pas le cœur de tuer ceux dont le sang de leurs ancêtres coulait dans leurs veines. Mais le châtiment pour les traîtres fut le bannissement mon ami. Alors ceux qui n’étaient plus que l’ombre d’êtres humains s’enfoncèrent encore plus profondément dans les forêts sous la surveillance des Daoine Sidhe, jusqu’en un lieu si éloigné qu’ils ne pourraient jamais revenir. C’était encore un sort bien doux comparé à la cruauté de leurs actes. Avec le temps les hommes bêtes oublièrent peu à peu leur allégeance au Dieu Cornu… Et aussi la dernière part d’humanité qu’ils avaient en eux.

Conscient qu’avec l’aide des Daoine Sidhe, les Otrybes étaient devenus bien trop menaçants, le Dieu Cornu décida de se retirer. Il savait qu’un affrontement direct avec les esprits purs de la forêt lui serait fatal. Le choix de Cernunnos fut très mal accueilli par la faune monstrueuse qui lui était restée fidèle. Il fut accusé de vouloir livrer les créatures des ténèbres aux humains et de s'éloigner de la voie de la domination qu’il avait toujours prônée.

L’orgueil de Cernunnos fut gravement meurtri et il entra dans une vive colère, condamnant l’audace et la vanité de ses sujets. Il leur rappela que les Daoine Sidhe étaient l’essence même de la sylve primordiale. Issus même du sang de la terre médiane, leur pureté était inaltérable. Oui mon fils, la puissance des Daoine Sidhe resterait à jamais bien incomparable à ce que les créatures des ténèbres ne pourraient jamais y opposer et Cernunnos le savait. Nul n'osa se dresser ouvertement contre le Dieu Cornu, mais les relations se dégradèrent de plus en plus. Cernunnos quitta de lui-même les forêts dans lesquelles il laissa seuls les Trolls. Sans leur seigneur, les pitoyables créatures retournèrent à l’état primitif de bêtes dénuées de conscience.

Les Otrybes comprirent qu’ils avaient gagné, ils étaient enfin maîtres des frondaisons. Alors les Daoine Sidhe partirent pour ne plus réapparaître. Ils rendirent compte à Morrigan de leur action et effacèrent leur image de la mémoire des humains. Oui mon jeune ami, car ils savaient que leur intervention n’aurait pas dû être.

Les Otrybes enfin libres de vivre comme ils l’entendaient s’appliquèrent à respecter ce nouveau domaine qui leur avait tant coûté de gagner. Les années s’écoulèrent et les gens de Badra adaptèrent leurs habitats aux luxuriants feuillages des Estaurus pour ne pas être discernables de ceux qui fouleraient le sol de leur territoire. Afin de pouvoir le défendre tout en restant invisibles. La force des Otrybes résidait dorénavant dans leur habileté à se fondre dans la végétation, héritage du Dieu Cornu.

Badra vint à disparaître, mais ses fils préservèrent les lois qu’il avait instaurées. C’est ainsi mon ami, qu’ils attaquèrent ceux de la branche de Conan le Circonspect pour défendre ce qu’il avait si durement acquis, mais cela tu le sais, je te l’ai dit, pas la peine de revenir dessus…

Installant leurs diverses communautés dans la cime des arbres, les Otrybes furent toutefois confrontés aux risques liés à la présence des Kraocks, car les insectes géants régnaient en maîtres sur les dômes verdoyants des sylves. L’ingéniosité combinée à la patience permit aux forestiers d’approcher puis avec le temps, de domestiquer les créatures volantes. Ainsi, les Otrybes devinrent définitivement les seigneurs incontestés des forêts qu’ils respectaient et défendraient quel qu’en soit le prix car ils en étaient maintenant indissociables.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Mer 29 Aoû - 13:17

34. Des Northlanders, fils du peuple maudit (part one)

Maintenant tu connais un peu de l’histoire des hommes mon ami, le récit qui vient va t’éclairer sur une peuplade dont la rudesse n’est plus légende pour aucun. Peut-être qu’en entendant leur tragique épopée tu sauras pour quelle raison on dit qu’ils ne sont habités par aucune peur.

Les gens de la branche de Slaine l’Opiniâtre vivaient autrefois dans les territoires nordiques bien au delà des chaînes montagneuses, au-delà des territoires Tuatha De Danann. Le fils de Nemed avait choisi ces terres car elles étaient fertiles et giboyeuses. Les nombreux clans y résidant avaient su mettre à profit tous les bienfaits qu’elles prodiguaient. Vivant de la chasse et de la pêche, ces humains chérissaient plus que tout l’océan. Habiles artisans et intrépides navigateurs, ils avaient construit de magnifiques navires pour fendre les flots et les conduire d’abers en rias, afin de vivre en harmonie totale avec cet environnement qu’ils affectionnaient tant.

Puis arrivèrent les bouleversements que la colère de Bran déchaîna mon enfant. Les merveilleuses contrées subirent les caprices de la terre médiane. L’océan devint banquise et les côtes s’érigèrent en une forêt de pics glacés battus par des vents hurlants. Aucun humain n’était préparé à de telles conditions. Ébranlant l’équilibre de ces contrées, la glaciation apporta également avec elle des fléaux nés de la folie du Créateur. L’une de ces calamités revêtit la forme d’une puissante entité aux multiples pouvoirs démoniaques. Nul ne saura jamais expliquer la raison de sa venue en ces lieux, car tous ceux de son engeance avaient été bannis par Morrigan au terme de la bataille de Moy Tura…

Oui mon ami, la fille de Balor née de Graal avait quitté les terres hyperboréales pour fouler la terre des hommes. Précédée d’un brouillard glacial, la sorcière de l’hiver surgit escortée de splendides guerriers de glace. O, Eved, magnifique et fantastique créature à la beauté incomparable. La majesté et la puissance qui émanaient de ce cortège étrange inspirèrent à Slaine et aux siens un inexplicable respect. Ce sentiment se mua bientôt en un effroi indicible, lorsque tous reconnurent la fille du Sombre Seigneur.

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MessageSujet: Re: La légende ignorée de Nemedia   Jeu 6 Sep - 10:04

35. Des Northlanders fils du peuple maudit (part two)

La sorcière de l’hiver prononça des mots que Slaine ni aucun de ceux de sa branche n’entendirent. Alors mon enfant, un charme puissant pétrifia tous les hommes, leur rendant impossible toute tentative d’intervention, aussi forte soit leur détermination. Impuissants, ils assistèrent à la capture de leurs compagnes et de leurs filles. Imagine un instant quelle anéantissement envahit le peuple de Slaine… Les serviteurs inhumains d’Eved repartirent avec leurs captives, les emmenant au-delà du brouillard magique tissé par leur maîtresse.

Imperturbable, à leur passage, Eved avait marqué de son sceau chacune des femmes. Puis, lorsque les dernières infortunées eurent disparu à la suite de leurs esclavagistes, Eved resta seule. Le sortilège se dissipa et les hommes furent libérés de l’engourdissement les ayant jusqu’alors paralysés. A leur tête, Slaine s’élança pour tenter de rattraper les guerriers de glace et libérer celles dont ils s’étaient emparés avec traîtrise. Cependant, jeune ami, aucune trace ne subsistait de leur passage, à peine quelques nappes brumeuses. La rage au cœur, Slaine se retourna contre Eved. Fidèle à sa nature tenace lui ayant valu son nom, le fils de Nemed était résolu à reconquérir les fières filles de sa race. Alors les humains séquestrèrent Eved après l’avoir capturée. Et, mon jeune ami, menaçants comme des loups, ils mirent en garde la sorcière qu’elle ne recouvrerait sa liberté qu’à la condition unique que leurs femmes leur soient rendues.

La fille de Balor s’amusa des menaces des gens de la Branche de Slaine. Pour se moquer d’eux et leur montrer à quel point ils étaient faibles, elle déchaîna la plus importante tempête de neige qui fut. Nombre des humains moururent gelés et les survivants réalisèrent qu’ils allaient subir le même sort. En leur nom à tous, Slaine ravala sa fierté et implora le pardon de la sorcière. Eved accéda à la requête du suzerain et calma le souffle du blizzard magique dont la force faisait se fendre les rochers.

Lorsque le calme revint, les hommes implorèrent la sorcière de les épargner. Oui mon fils, la créature du froid était si effroyable que les fiers durent s’abaisser à la supplier. Slaine l’Opiniâtre plaida la cause des femmes de sa branche pour qu’elles leur reviennent. Audacieux, le chef des humains mit sa vie en jeu, car jamais il ne renonçait et car les filles de son peuple étaient innocentes de quelque méfait qu’Eved ait pu leur reprocher. Durant trois fois sept nuits, sans dormir ni jamais renoncer, Slaine tenta de convaincre Eved que son courroux n’était nullement justifié.

La sorcière rit et se moqua de la naïveté du fils de Nemed. Elle lui expliqua que les femmes reviendraient après un an si ceux de sa branche la vénéraient sans jamais faillir durant cette période. Mais écoute mon enfant, car la fille de Balor avait hérité de la sournoiserie de son père et le marché comportait une autre contrepartie. Chaque male devrait également donner un fils à la reine des glaces pendant cette année maudite. Si cette condition n’était pas respectée, la mort serait l’unique dénouement envisageable.

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